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Titre La RFA mise à l'épreuve de sa rentabilité
Auteur Vincent Radisson, Françoise Milewski
Mir@bel Revue Revue de l'OFCE (Observations et diagnostics économiques)
Titre à cette date : Observations et diagnostics économiques
Numéro No 10, 1985
Rubrique / Thématique
Chronique de conjoncture étrangère
Page 5-64
Mots-clés (matière)croissance économique deutschmark indicateurs économiques investissement politique économique situation économique
Mots-clés (géographie)R.F.A.
Résumé En RFA la croissance de l'activité reste lente et atypique, depuis la fin de 1982 ; le PNB s'accroît à un rythme de 2 % l'an, à comparer aux 5 % de la reprise de 1975. Les mécanismes cumulatifs internes qui accompagnent généralement une reprise ne se manifestent guère ; celle-ci reste excessivement dépendante des exportations, or la RFA n'a pas gagné de parts sur les marchés extérieurs. Elle a simplement maintenu celles-ci grâce à l'avantage de prix relatifs qu'a constitué l'appréciation du dollar. Le DM a longtemps été un atout dans le développement économique allemand. Au cours des années cinquante et soixante, sa sous- évaluation a favorisé la croissance et la formation du capital. Au cours des années soixante-dix, sa réévaluation a permis de contenir l'inflation et de dégager des excédents commerciaux par des gains de termes de l'échange, alors que le volume du commerce mondial se réduisait. En 1984 son contrôle a échappé aux autorités monétaires. Pour empêcher une fuite supplémentaire de capitaux, il fallait rétablir des conditions favorables à l'investissement. C'est à quoi se sont attachées les autorités en ralentissant les prélèvements des administrations sur le marché financier. Cette action budgétaire, menée vigoureusement, devrait permettre à l'épargne des ménages de trouver un emploi dans l'industrie. Cependant l'amélioration des coûts de production et des profits est- elle suffisante pour que les investissements projetés ne se limitent pas à seulement améliorer la productivité dans des secteurs traditionnels de l'économie allemande, aujourd'hui très concurrencés ? De telles réalisations ont, au cours des années soixante-dix, amené à une sur-accumulation du capital et à une baisse de son taux de rendement, ce qui a détourné l'épargne vers d'autres placements, en Allemagne comme ailleurs. En 1985 la demande de capitaux aux États-Unis risque de ne pas permettre une baisse des taux d'intérêt allemands. L'avantage de prix relatif ne favorisera des gains de parts de marché qu'en Europe. La demande interne restera très modérée, en raison du faible pouvoir d'achat des ménages et de la prudence des investisseurs. L'amélioration des paiements courants pourrait ne pas s'accompagner d'un renversement de la tendance actuelle à des sorties de capitaux.
Résumé anglais Since the end of 1982, economic growth has remained slow and atypical in West Germany ; GNP rose by an annual rate of 2 %, compared to 5 % during the 1975 recovery. The cumulative internal mechanisms that one may expect along with a recovery are barely present ; the recovery remains extremely dependant on exports, though West Germany has not gained any shares on foreign markets. Its former shares have simply been maintained, thanks to the advantage of relative prices brought about by the appreciation of the dollar. For a long time the DM rate of exchange was an asset for German economic development. During the 50's and 60's, its underevaluation helped economic growth and capital formation. During 70's its re-evaluation helped contain inflation and produce trade surpluses through gains in the terms of trade, while world trade was decreasing. In 1984 the monetary authorities lost control of the exchange rate. If further capital outflows were to be avoided, conditions that might spur investment had to be established. This is what the authorites aimed for when they lowered public demands on the financial market. The vigorous execution of such a budgetary action should allow household savings to be used efficiently in the industrial sector. But is the improvement of profits and production costs sufficient to push projected investment beyond the mere improvement of productivity in West Germany's traditional sectors ? During the 70's such investments brought about an over-accumulation j of -capital and a decrease i in its yield, which has diverted savings to other investments in and out of West Germany. In 1985, the demand for capital in the United States may not allow a decrease of German interest rates. The advantage of relative prices will help to gain market shares only in Europe. International demand will remain very moderate because of low consumer purchasing power and investors' reticence. The improvement of the current balance may not be followed by a reversal of the present tendencies of capital movements.
Article en ligne http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/ofce_0751-6614_1985_num_10_1_1009