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Titre La biodiversité des petits bois, « anthroposystèmes insulaires » dans les plaines de grandes cultures : l'exemple du Gâtinais occidental
Auteur Marine Linglart, Patrick Blandin
Mir@bel Revue Annales de géographie
Numéro no 651, 2006/5 Les territoires de la biodiversité
Page 569-596
Résumé L'étude de 71 îlots boisés dans le Gâtinais occidental, vaste plateau s'étendant entre les massifs de Fontainebleau et d'Orléans, nous a permis de tester la pertinence des théories de la biogéographie insulaire et de l'écologie du paysage pour interpréter leur diversité floristique. Composée de 671 espèces de Cryptogames et Phanérogames vasculaires presque toutes banales (une seule protégée au niveau national), la flore de ces îlots illustre le concept de « biodiversité ordinaire ». D'un îlot à l'autre, on observe une grande diversité de situations, tant au niveau du nombre d'espèces par îlot (18 à 270 espèces), que par la répartition des espèces, puisque 57 % sont présentes dans au plus cinq bois. La théorie de la biogéographie insulaire est vérifiée, en ce qui concerne la relation aire-espèces, en dépit d'exemples contradictoires ; elle l'est beaucoup moins nettement pour l'effet d'isolement. Deux phénomènes influent positivement sur la richesse spécifique : l'effet d'archipel (des boisements proches entre eux facilitent les flux d'espèces) et l'effet matrice, lié à son hétérogénéité structurale (cultures, jachères, chemins enherbés...). Aucun lien n'a été vérifié entre la richesse spécifique et une ancienneté minimale avérée en comparant des îlots existant avant 1880 et des îlots « néoformés » : le flux de dissémination des espèces semble très rapide. La prise en compte de facteurs anthropiques apparaît indispensable pour expliquer la diversité floristique. En effet, les surfaces, formes et positions relatives des îlots découlent directement de l'organisation des terroirs et les pratiques forestières ou leur abandon (phénomènes qui s'expriment différemment selon la surface des bois) peuvent engendrer une forte hétérogénéité structurale favorable à l'accroissement du nombre d'espèces. De l'intrication des processus spontanés et des processus anthropiques résulte pour chaque îlot une trajectoire particulière.
Source : Éditeur (via Cairn.info)
Résumé anglais The forest patches biodiversity, “island anthroposystems” in openfield landscapes : the Western Gâtinais (France) case. To the south of Paris, between the Fontainebleau and Orléans forests, an extensive plateau forms the Western Gâtinais. The openfield landscape is made of many forest patches. A sample of 71 woodlots was studied in order to characterize their flora and to test the predictions of Island Biogeography and Landscape Ecology as regards to the richness of their species assemblages. We found 671 species overall. From one patch to the next, the species numbers vary greatly (minimum : 18 ; maximum : 270). The composition of assemblages is diversified, as 57 % of the species are present in less than 6 woodlots. The classical species-area relationships is not falsified, despite of some contrary examples. On the other hand, results are unclear as regards the isolation effect. Our results suggest that two landscape characteristics have a positive influence on the species richness : 1 - when forest patches form “archipelagos”, the species flows are probably facilitated, resulting in a higher species number in each patch (the “archipelago effect”) ; 2 - the species richness of a patch is related to the level of ecological heterogeneity of the surrounding landscape matrix. The comparison of old woodlots (existing before 1880) and “neo-patches” (created since 1880) does not reveal any correlation between species number and age : neo-patches can be as rich as old patches ; this observation suggests rapid dissemination processes. Human causes are to be taken into account to explain the differences of species richness between patches. We have established a global index of human influence : in large woodlots (5 ha and more), the species richness is significantly correlated to this index. The diversity of practices depends on the size of the woodlots ; the areas, shapes and relative locations of woodlots result from the evolution of land use : woodlots are “anthroposystems”. The trajectory of each one and the present state of its biodiversity is the result of a particular web of interactions between spontaneous and human-driven processes.
Source : Éditeur (via Cairn.info)
Article en ligne http://www.cairn.info/article.php?ID_ARTICLE=AG_651_0569