Titre | La légende noire du Service d'Information Militaire de la République dans la guerre civile espagnole, et l'idée de contrôle politique | |
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Auteur | François Godicheau | |
Revue | Le Mouvement social | |
Numéro | no 201, octobre-décembre 2002 | |
Page | 29-52 | |
Résumé |
Le Servicio de Información Militar (S.I.M.) fut créé pendant l'été 1937 par l'État républicain en guerre contre les armées de Franco. De sa naissance jusqu'à nos jours, une légende
noire l'a accompagné et l'assimile de façon abusive à un appendice des services secrets soviétiques en Espagne républicaine. Or il est avant tout un service de police militaire et de contre-espionnage, instrument et témoin de la réorganisation de l'Armée populaire à partir de 1937.
Ce n'est qu'un an avant la fin du conflit qu'il absorbe les services de police qui intervenaient
sur le terrain civil. Sa réputation de brutalité et d'arbitraire vient de son rôle important dans le
contrôle de l'arrière, dans un camp républicain de plus en plus militarisé. Ses faiblesses (et ses
abus) ressortent plus de celles, générales, de l'État républicain en guerre que d'un contrôle
politique exercé par le Parti communiste d'Espagne. Les cas de torture et de répression systématique des opposants anarchistes et poumistes qui lui sont attribués relèvent de l'amalgame
et de l'anachronisme. La légende noire du S.I.M., créée sur l'idée d'un contrôle politique exercé
par le Parti communiste, est un exemple de la difficulté qu'il y a à saisir la complexité des
rapports entre individus et organisations d'abord, et entre partis et appareil étatique ensuite. Source : Éditeur (via Cairn.info) |
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Résumé anglais |
The dark legend of the Servicio de Información Militar
in the Spanish civil war.
The Servicio de Información Militar (S.I.M.) was created during the summer of 1937
by the Republican state, who was then fighting Franco's armies. Since its creation, it has
been the subject of a « dark legend » assimilating it to an instrument of the Soviet secret
services within Republican Spain. In fact, it is first of all a military police and counterespionage service which has been both an instrument and a witness of the reorganisation
of the Popular Army from 1937. It was only one year before the end of the conflict that
it took up the civil police services. Its reputation of brutality and arbitrariness emerges
from its importance in the control of rearguard, in a more and more militarized Republican side. Its weaknesses and abuses belong more to these, more general, of the fighting
Republican state than to any control from the Communist Party of Spain. Blaming it for
cases of torture and systematic repression of anarchist and poumist opponents appears
then as an anachronistic and confusing approach. The S.I.M.'s dark legend, based on the
idea of a Communist Party's political control, is an illustration of the difficulty in understanding the complexity of the relations between, first, individuals and organisations,
and, secondly, the parties and state apparatus. Source : Éditeur (via Cairn.info) |
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Article en ligne | http://www.cairn.info/article.php?ID_ARTICLE=LMS_201_0029 |