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Titre Du nom comme trace au nom comme place. Enjeux épistémologiques du toponyme proustien
Auteur Pauline Mettan
Mir@bel Revue A contrario
Numéro no 33, 2022/1 Nommer les lieux : perspectives croisées sur le toponyme
Rubrique / Thématique
Articles
Page 155-167
Résumé Cet article souhaite montrer que la réflexion de Marcel Proust sur le toponyme est le lieu privilégié d'un questionnement sur les identités (raciales, nationales, de classe ou de genre) à un moment où ces dernières cristallisent des tensions de plus en plus fortes au sein de la société. L'évolution de la pensée du nom, mise en scène dans la Recherche, permet en effet de saisir un basculement épistémologique d'importance qui offre un contrepoint aux discours nationalistes et raciaux de l'époque : le nom, d'abord envisagé en diachronie comme la « trace » d'un passé et d'une essence première à découvrir, devient, dès le milieu du roman, l'indicateur d'une « place », arbitraire et susceptible de changer, au sein du système de relations qu'est la société. Il s'agira ainsi de dégager le nom proustien d'une lecture trop strictement poétique, qui domine depuis l'article de Roland Barthes sur « Proust et les noms » (1967), pour montrer que la littérature peut également être le lieu d'un savoir et d'une pensée politique, en dialogue constant avec les discours de son temps.
Source : Éditeur (via Cairn.info)
Résumé anglais This article aims at showing that the Proustian toponym is the privileged place to question racial, national, class or gender at a time when these identities were crystallizing increasingly strong tensions within French society. Proust's thinking on the proper name reveals an important epistemological shift that offers a counterpoint to the nationalist and racial discourses of the time. The name is initially considered as the “trace” of a past and a primary essence to be discovered. Then it becomes, in the course of the novel, the indicator of an arbitrary and changeable “place” within the social system. With this demonstration, I would like to free the Proustian name from a too strictly poetic reading, which has dominated since Roland Barthes' article on “Proust et les noms” (1967), in order to show that literature can be the place for knowledge and political thought.
Source : Éditeur (via Cairn.info)
Article en ligne http://www.cairn.info/article.php?ID_ARTICLE=ACO_221_0155