Contenu du sommaire : Varia

Revue Revue d'économie industrielle Mir@bel
Numéro no 136, 4ème trimestre 2011
Titre du numéro Varia
Texte intégral en ligne Accessible sur l'internet
  • Le modèle économique du logiciel Open Source : viabilité et compétitivité - Dominique Torre p. 11 accès libre
  • Organisation of work in Open Source Projects: expended effort and efficiency - Stefan Koch p. 17 accès libre avec résumé avec résumé en anglais
    Nous discutons de l'organisation du travail dans les projets Open source, et de ses implications en termes d'effort et d'efficacité. Le papier repose sur l'examen empirique de plusieurs communautés Open source. Nous analysons les informations fournies par les espaces de dépôt de logiciels (repositories) associés à ces communautés, disponibles publiquement et contenant l'enregistrement d'interactions passées entre les participants d'une part, et entre les participants et l'espace de dépôt lui-même d'autre part. Nous donnons un aperçu général de cette méthodologie et renvoyons aux papiers présentant cette technique plus en détail. Le papier met par suite particulièrement l'accent sur l'analyse des principes d'organisation du travail au sein des projets Open source : on retrouve en particulier dans chacune des études réalisées à ce jour l'idée d'une concentration du contenu essentiel de la communauté sur peu de têtes. L'accent est mis aussi sur l'estimation de l'effort mis en œuvre au sein des projets Open source, assez faible au regard de celui qui est associé au milieu du logiciel commercial. Nous donnons un schéma organisationnel basé sur l'organisation de l'équipe du programmeur en chef, proposé il y a quelques décennies déjà pour réunir et réconcilier ces résultats.
    In this paper we will discuss the organization of work which is found to be present in open source projects, and the implications for the expended effort as well as achieved efficiency. The paper is based on several empirical analyses of open source communities. The main method employed is mining the associated software repositories which are publicly available and contain records of past interactions between participants, or between participants and the repository itself. We will present a short overview concerning this methodology, and reference some papers which deal with the technicalities in more details. The main focus will be the discussion of some principles of work organization found in open source projects: this includes foremost the high concentration on a few heads, which consistently turns up in any empirical study. A second main focal point will be the estimated effort expended for open source development projects, which in comparison to commercial organizational settings seems to be quite small. We will try to formulate an organizational model based on the chief programmer team organization proposed decades ago to merge and reconcile these results.
  • Floss in an industrial economics perspective - Nicolas Jullien et Jean-Benoît Zimmermann p. 39 accès libre avec résumé avec résumé en anglais
    Ces dernières années, la diffusion du logiciel libre, ou open source, représente une des évolutions les plus importantes de l'industrie des technologies de l'information. Dans un contexte d'une économie basée sur la connaissance, ce modèle apparaît comme exemplaire pour de nombreuses industries, où la quantité de connaissance qu'il faut maîtriser est trop grande pour être maîtrisée par un seul agent, même puissant. Considérer la connaissance comme une ressource partagée implique de repenser le concept de chaîne de valeur, car la richesse est générée par les usages de cette base de connaissance (services, produits complémentaires) et non plus de la connaissance par elle-même. Si l'on se place dans une perspective d'économie industrielle « classique », cette restructuration de la valeur doit être étudiée au niveau de l'écosystème global (qui produit quoi entre les entreprises et les universités, entre les utilisateurs et les producteurs, etc.), mais aussi au niveau industriel (une fois que le rôle de l'industrie est compris, comment celle-ci s'organise). De nombreuses explications ont été proposées, mais, la plupart du temps, les chercheurs étudient soit l'implication des entreprises dans les communautés, soit l'intégration du logiciel libre dans leurs stratégies commerciales, rarement les deux. Dans cet article, nous défendons l'idée d'une approche plus structurée et globale, partant des conditions initiales du marché de l'informatique et des compétences des acheteurs en terme de développement logiciel (les compétences de l'utilisateur « représentatif »). Ce cadre conceptuel permet d'éclairer les différents comportements des entreprises que l'on constate dans l'écosystème libre, et spécifiquement la variation de leur implication.
    The spread of free/libre open source software (FLOSS) represents one of the most important developments in the Information Technology (IT) industry in recent years. Within the context of a knowledge-based economy, this sort of approach appears exemplary for a growing number of industrial activities in which the amount of knowledge that has to be mastered is too large for a single agent, however powerful. Considering knowledge as a mutual resource requires a rethinking of the value chain concept, since cash flow is derived from use of the knowledge base (services, complementary products), not from the knowledge itself. In a classical industrial economics perspective, this reshaping of the value chain must be analyzed not only at the global ecosystem level (who produces what, between firms and universities, users and producers, etc.), but also at the industrial level (once the industry's role has been identified, how does it organize itself ?). Various points of view have been proposed, but researchers have generally studied either the involvement of firms in a community or the integration of FLOSS into their market strategy, but not both. In this article, we argue for a more structured and global analysis, based on the tools of industrial economics, and thus starting from the basic conditions of the computer market and of the buyers' competence in software development (the « dominant user's skill »). This conceptual framework helps to distinguish the different types of corporate behavior we see in the FLOSS ecosystem and more specifically their varying degrees of involvement.
  • Open source innovation: Towards a generalization of the open source model beyond software - Julien Pénin p. 65 accès libre avec résumé avec résumé en anglais
    Cet article s'intéresse à la question de l'exportation du modèle « open source », qui s'est imposé avec succès dans le cas du logiciel, à d'autres secteurs. Nous proposons une définition générale de l'innovation « open source » qui repose sur deux piliers : l'ouverture et l'interactivité. Tout d'abord, les connaissances produites doivent être ouvertes, c'est-à-dire accessibles à tous sans discrimination. En second lieu, les acteurs du processus d'innovation doivent développer une dynamique d'interaction sur le mode « bazar » (Raymond, 1999). L'innovation open source est ainsi différente de l'innovation ouverte théorisée par Chesbrough (2003). Nous discutons également de l'importance de la propriété intellectuelle, et des brevets en particulier, pour sécuriser cette dynamique d'innovation « open source ». Ensuite, nous étudions les contextes propices à l'émergence de l'innovation « open source ». Nous montrons que cette dernière est particulièrement intéressante lorsqu'elle est envisagée comme permettant de construire un stock de connaissances et de technologies ouvertes, que les entreprises peuvent ensuite utiliser afin de développer des applications innovantes. Nous concluons l'article en présentant deux exemples : le cas de la biologie « open source » (Hope, 2008) et le cas des industries créatives (Bach et al., 2010).
    This paper investigates the possibility of exporting the free and open source model, which has proved successful in the case of software, to other sectors. We propose a general definition of open source innovation that rests on two pillars: openness and interactivity. First, the outcome of the innovation process must remain open, i.e. it must be made available to all without discrimination. Second, the actors of the innovation process must develop modes of interactions such that they promote a « bazaar » – like knowledge production dynamics (Raymond, 1999). Open source innovation is therefore very different from open innovation (Chesbrough, 2003). We also discuss the possibility of using intellectual property rights, and patents in particular, in a copyleft way, in order to secure open source innovation. We then investigate the contexts in which open source innovation might be successful. We argue that it may be especially promising when envisaged as providing an upstream open knowledge platform into which firms can tap in order to develop downstream applications. We conclude by presenting two examples that fit our definition of open source innovation: the case of open source biology (Hope, 2008) and the case of creative industries (Bach et al., 2010).
  • Public intervention for Free/Open Source Software - Stefano Comino, Fabio M. Manenti and Alessandro Rossi p. 89 accès libre avec résumé avec résumé en anglais
    Ce papier passe en revue les principaux arguments théoriques et pratiques pour et contre les politiques en faveur du logiciel libre. À partir d'informations recueillies à partir du site OSOR.eu, nous construisons une base de données sur les interventions publiques liées au logiciel libre, établissant qu'en Europe le soutien public au logiciel libre se fait le plus souvent par une adoption directe du partenaire public ou par ses avis favorables à une telle adoption. Notre analyse suggère qu'une analyse sérieuse de la rationalité, des motivations et des conséquences de telles interventions publiques passe par un examen attentif des différents rôles des pouvoirs publics et des différentes catégories de logiciels en jeu. Les arguments empiriques que nous apportons établissent que le soutien au logiciel libre est plus fort I) quand les services en ligne de l'État sont largement disponibles, et II) quand l'industrie locale du logiciel est en retard. Cette observation empirique va dans le sens de conceptions partagées par les défenseurs du logiciel libre.
    This paper reviews the main theoretical and practical arguments in favor and against government policies supporting Free/Open Source Software (F/OSS). Using information gathered from the OSOR.eu website, we build an original dataset about public interventions related to F/OSS, showing that across Europe public adoption and advisory are the most common policies. Our analysis suggests that, to evaluate in a meaningful way rationales, motivations and consequences of such public interventions, one has to properly distinguish between the various roles played by policy makers and the different categories of software involved. We provide empirical evidence that F/OSS support is stronger in countries i) where e-government services are more largely available, and ii) where the domestic software industry is lagging behind. This evidence supports common views among F/OSS advocates.
  • Proprietary or open source software? Winner-takes-all competition, partial adoption and efficiency - Eric Darmon, Thomas Le Texier and Dominique Torre p. 109 accès libre avec résumé avec résumé en anglais
    Nous étudions les conditions réglant la diffusion du logiciel libre, par contraste au logiciel propriétaire. Les deux types de logiciels diffèrent par leurs coûts d'adoption et le type de fonctionnalités qu'ils fournissent. Nous distinguons les utilisateurs de logiciels en fonction de leur capacité à contribuer à la production de solutions Open Source et caractérisons les équilibres de Nash dans un jeu séquentiel au sein duquel les utilisateurs choisissent entre l'adoption du logiciel libre, du logiciel propriétaire ou l'absence d'adoption. Nous trouvons que les scenarios d'adoption dépendent des anticipations des utilisateurs et nous mettons en évidence des exemples pouvant donner lieu, selon l'état des anticipations, à des issues de type winner-takes-all ou de type marché partagé. De tels équilibres multiples étant seulement partiellement contrôlés par l'éditeur du logiciel propriétaire, nous montrons que la stratégie de cet éditeur peut se comprendre comme une sorte d'alternative entre une stratégie prix bas/qualité élevée et une stratégie prix hauts/qualité faible. Une analyse en termes de bien-être donne aussi des résultats nuancés. La seule existence d'une menace crédible provenant de la présence potentielle d'un logiciel libre améliore l'utilité des utilisateurs même quand la solution propriétaire demeure en situation de monopole. La diffusion du logiciel libre peut cependant parfois engendrer parfois des conflits d'intérêt. Dans certains cas, le conflit n'est pas seulement entre les utilisateurs et l'éditeur : une partie des utilisateurs peut avoir intérêt à privilégier solution dans laquelle le logiciel propriétaire s'impose alors que d'autres éprouvent un intérêt au partage du marché ou à une solution d'éviction du logiciel propriétaire.
    We study the conditions ruling the diffusion of open source as opposed to proprietary software distributed by a commercial editor. The two types of software differ in relation to their adoption costs and to the range of functionalities they offer. By distinguishing software users according to their ability to contribute to the production of open source solutions, we characterize the Nash equilibrium in a sequential game in which users choose to adopt open source software or proprietary software or not to adopt. We find that adoption patterns depend on the conditions related to the users' expectations and we highlight potential cases of both winner-takes-all and shared-market outcomes. Since multiple equilibria are only imperfectly controlled by the commercial editor, we show that the latter's strategy can be understood as a balance between a low price high quality strategy and a high price low quality strategy. Welfare analysis provides mixed results. The existence of a credible open source threat improves the utility of end-users even if the proprietary solution is eventually adopted. The diffusion of open source software can generate conflicts of interest. In some cases, these conflicts oppose the interests of users to those of the commercial firm. Yet, in other cases, the interests of some users can be aligned to those of the commercial editor.
  • Coexistence and Market Tipping in a Diffusion Model of Open Source vs. Proprietary Software - Riccardo Leoncini, Francesco Rentocchini and Giuseppe Vittucci Marzetti p. 141 accès libre avec résumé avec résumé en anglais
    La diffusion croissante de logiciels libres a motivé de nombreuses études. La littérature ne propose cependant pas encore d'analyse formelle de la concurrence entre logiciels Open-Source et propriétaires. Nous présentons un modèle épidémiologique de diffusion de l'innovation intégrant les différents facteurs (les profits du coté des logiciels propriétaires et les motivations des développeurs coté logiciels libres) sur lesquels repose le processus concurrentiel. Nous y adjoignons la prise en compte d'effets de réseaux et des coûts de changement de technologie, et rendons endogènes les paramètres relatifs à la vitesse de diffusion influençant le revenu final. Nous établissons les conditions d'existence d'un équilibre stable, tel que les deux types de logiciels coexistent. Quand le coefficient de propagation est endogène, les solutions de type winner-takes-all sont les plus probables.
    A large number of studies has been canvassed by the growing rates of diffusion of Open Source Software. However, a formal analysis of the process of competition between open-source and proprietary software is still missing. We propose an epidemic model of innovation diffusion to deal with the different factors (profits for proprietary software and developers' motivations for open-source software) upon which such a process of competition ultimately depends. Moreover, we add network effects and switching costs, together with the endogenisation of the parameters of the speed of diffusion influencing the final outcome. We show the conditions for an asymptotically stable equilibrium to exist, where both softwares coexist. When the propagation coefficient is endogenous, winner-take-all solutions are also likely. sts for one software increases the number of its adopters, while reducing that of the other one. If the negative network effects increase for one of the two softwares, then the equilibrium level of users of that software decreases.
  • Développement des logiciels dans un duopole asymétrique en présence des spillovers open source - Mourad Zeroukhi p. 169 accès libre avec résumé avec résumé en anglais
    Comment le choix d'une firme à investir dans l'OSS (Open Source Software) dépend-il de sa position sur le marché par rapport à sa rivale? Dans cet article, nous étudions comment l'innovation sous le régime OSS, c'est-à-dire en présence des spillovers open source est affectée par l'asymétrie des entreprises. Nous focalisons notre analyse sur les effets purement stratégiques des interactions des firmes, et ne tenons pas compte ainsi des effets de demande agrégée. Nous examinons ensuite l'impact de l'OSS sur le bien-être social. Les principaux résultats sont : (I) lorsque le niveau d'asymétrie est suffisamment faible, les firmes sous-investissent dans le développement de la qualité de leurs logiciels sous le régime OSS; (II) lorsque le niveau d'asymétrie est suffisamment élevé, la grande firme (resp. la petite firme) sousinvestit (resp. sur-investit) sous le régime OSS; (III) lorsque les deux firmes sont relativement symétriques, leurs profits augmentent sous le régime OSS et leurs décisions en terme de l'OSS sont des compléments stratégiques ; (IV) lorsque les deux firmes sont relativement asymétriques, le profit de la grande firme (resp. la petite firme) diminue (resp. augmente) sous le régime OSS et leurs décisions en terme de l'OSS sont des substituts stratégiques ; (V) le bien-être social augmente avec l'OSS uniquement si les deux firmes sont suffisamment symétriques.
    How does the choice to invest in OSS (Open Source Software) of the firm depends upon its market position relative to that of its rival? In this paper, we study how the innovation under OSS regime, i.e. in the presence of open source spillovers is affected by the asymmetry of firms. We focus on effects driven purely by the strategic interactions of firms, and thus do not allow for an aggregate demand effects. Then, we examine the welfare impact of OSS. The main findings are: (i) when the level of asymmetry is sufficiently low, firms under-invest in the quality of their software under OSS regime, (ii) when the level of asymmetry is sufficiently high, the large firm (resp. the small firm) under-invest (resp. over invests) under OSS regime ; (iii) when both firms are relatively symmetric, their profits increase under OSS regime and their decisions in terms of OSS are strategic complements (iv) when both firms are relatively asymmetric, the profit of the large firm (resp. the small firm) decreases (resp. increases) under OSS regime and their decisions in terms of OSS are strategic substitutes ; (v) Welfare increases with OSS only if both firms are sufficiently symmetric.
  • Chronique