Contenu de l'article

Titre Identités régionales et aspirations politiques : l'exemple de la France d'aujourd'hui
Auteur Claude Dargent
Mir@bel Revue Revue Française de Science Politique
Numéro Vol. 51, no 5, 2001
Rubrique / Thématique
Note de recherche
Page 787-806
Annexes Tableaux
Mots-clés (matière)décentralisation identité culturelle identité nationale idéologie région régionalisation
Mots-clés (géographie)France
Résumé Contrairement à ce que peut faire penser la rivalité entre les différents échelons territoriaux, l'analyse des données recueillies par l'Observatoire interrégional du politique établit que les niveaux d'attachement des Français aux différentes collectivités territoriales « emboîtées », de la commune à l'Europe, sont très corrélés entre eux. La force de ce capital identitaire territorial permet d'ailleurs de triompher largement des effets contradictoires de la position sociale sur l'attachement selon qu'on s'intéresse à l'Europe ou aux autres collectivités territoriales. Mieux : au vu d'une échelle d'identité régionale, on constate que les habitants des régions à forte identité ne sont pas les partisans les plus fervents de la poursuite de la décentralisation. L'attachement à ce processus ne provient pas non plus d'un meilleur fonctionnement de la démocratie prêté à ce niveau territorial : en fait, c'est parce que la proximité semble un gage déplus grande effica­cité que la décentralisation se trouve plébiscitée. Les Français considèrent donc que les compé­tences aujourd'hui attribuées aux régions sont suffisantes pour autoriser l'épanouissement de leur identité - sauf dans le cas particulier de la Corse. Ce résultat incite à reconsidérer les rela­tions entre identité territoriale et aspirations politiques, trop exclusivement envisagées jusqu 'à présent au travers de controverses portant sur la seule relation nation-État.
Source : Éditeur (via Persée)
Résumé anglais Regional identities and political aspirations in today's france Contrary to what the rivalry among the various territorial levels can suggest, analysis of data gathered by the OIP [Observatoire interrégional du politique] shows a high correlation of the levels of attachment of the French to « overlapping » territorial governments, from the local level to Europe. The strength of this territorial identity makes it possible to overcome the contradictory effects of social position on attachment depending on whether one is interested in Europe or in the other governmental levels. Better y et, looking at a scale of regional identity, one can see that the inhabitants of regions having a strong identity are not the most fervent partisans of fur­ther decentralization. Nor does attachment to this process derive from better democracy at that level : it is because proximity seems to be a token of greater efficiency that decentralization is so strongly supported. The French thus consider that the regions' present powers are sufficient for the full development of their identity ? except in the case of Corsica. This result justifies a recon­sideration of the relations between territorial identity and political aspirations, until now too exclusively envisaged through the controversies concerning only the nation-State relation.
Source : Éditeur (via Persée)
Article en ligne http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rfsp_0035-2950_2001_num_51_5_403667