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Titre Ernest Gellner : un poppérien « historiciste » ?
Auteur Jean Leca
Mir@bel Revue Revue Française de Science Politique
Numéro 47e année, n°5, 1997
Rubrique / Thématique
Articles
Page 515-534
Mots-clés (matière)anthropologie Etat idéologie personnalité société - questions sociales sociologie théorie
Mots-clés (géographie)Monde
Résumé Ernest Gellner a tenté de rendre compte (théoriquement et normativement) d'une société (la «Société Civile») au lien social individualiste et égalitaire, à l'épistérnologie décon­nectant l'identité de la vérité et la cohérence logique de la cohérence sociale, à l'organisation des pouvoirs combinant la décentralisation, économique, du marché, et sociale, des associations volontaires et la centralisation politique de l'État-nation, ce qui constitue un pluralisme spécifique. Son originalité relative est que son entreprise se fonde sur une épistémologie et une méthodologie qui ne sont pas celles de la Société Civile à laquelle il ne confère aucune suprématie fondée sur la Raison ou l'Histoire. Il est positiviste et pop­périen pour des raisons hégéliennes, individualiste pour des raisons fonctionnalistes, anti-relativiste pour des raisons historicistes, poppérien et webérien pour des raisons durkheimiennes. L'article développe ce petit mystère par lequel une connaissance et une organisation qui ne peuvent produire que les conditions internes de leur propre validation sans jamais pouvoir produire les conditions de validité de leur propre paradigme fondateur fixant ces conditions, sont cependant déclarées préférables à d'autres pour des raisons objectives et non décisionnistes.
Source : Éditeur (via Persée)
Résumé anglais Ernest Gellner : a « historicist » popperian ? Ernest Gellner has tried to account (theoretically and normatively) for a society (the Civil Society) characterized by an individualistic and egalitarian social link, an epistemology which deconnects identity from truth and logical coherence from social coherence, an or­ganization of powers which combines the economic decentralization of the market and the social decentralization of voluntary associations with the political centralization of the nation-state, all of which constitutes a specific pluralism. His relative originality is that his undertaking is based on an epistemology and a methodology different from those of Civil Society, to which he grants no supremacy based either on Reason or on History. He is a positivist and a Popperian for Hegelian reasons, an individualist for functionalist reasons, an anti-relativist for historicist reasons, and both Popperian and Weberian for Durkheimian reasons. The article develops the little mystery through which knowledge and organization that can only produce the internal conditions of their self-validation, without ever being able to produce the validating conditions of their own founding paradigm which determi­nes these conditions, are nevertheless declared preferable to others for objective reasons, not decisionist ones.
Source : Éditeur (via Persée)
Article en ligne http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rfsp_0035-2950_1997_num_47_5_395201