Sign@l - Volontarisme et rationalité d'État. L'exemple de la politique de la ville

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Titre

Volontarisme et rationalité d'État. L'exemple de la politique de la ville

Auteur Gérard Chevalier
Mir@bel Revue Revue Française de Sociologie
Numéro 1996, 37-2
Page 209-235
Mots-clés (matière)exclusion gestion municipale infrastructure politique de la ville politique publique ville
Mots-clés (géographie)France
Résumé L'analyse du contexte d'apparition de la politique de la ville au lendemain de l'alternance de 1988, permet d'avancer que son lancement répondait à d'autres enjeux que d'élargir la démarche menée jusque-là à l'échelle des quartiers. Il s'agissait aussi de prolonger une dynamique électorale, d'accréditer une lecture urbaine et morale des problèmes sociaux et d'encadrer les politiques municipales. Ces finalités cachées ont été à l'origine d'un mode d'élaboration et de lancement répondant à une logique politique constante, sans tâtonnement ni réorientation. De même, le mode d'action de la Délégation Interministérielle des Villes visait-il à amener les municipalités à reproduire les catégories du discours officiel (solidarité, action globale, lutte contre l'exclusion) à travers des engagements contractuels formalisés. Il s'avère cependant que cette stratégie a été à l'origine d'une relation transactionnelle avec la périphérie, dans laquelle la conformité idéologique des engagements municipaux avait pour contrepartie le flou des contenus réels. La perception sélective dont les effets de cette politique ont été l'objet amène à s'interroger sur les critères de la rationalité publique dans le cas d'une politique volontariste. La confrontation de l'analyse proposée avec le modèle dit de « la rationalité limitée », permet de faire ressortir le rôle prépondérant du cadre idéologique dans la définition des critères d'action et de perception des acteurs, en même temps que les limites des approches fondées sur des postulats utilitaristes.
Source : Éditeur (via Persée)
Résumé anglais Gérard Chevalier : Decisive and rational action of the State, in town policies, for example. The analysis of the context in which town policy made its appearance just after the political alternance of 1988, makes it seem that it was launched for reasons other than those to increase its action, which up to this point was at quartier (local district) level. There was also question of prolonging electoral pressure, of giving credit to urban and moral interpretation of social problems and of organizing municipal policies. These hidden issues meant that the methods used to elaborate and launch the projects, replied to a constant logical policy with neither hesitation nor reorientation. In the same way, the action led by the Délégation Interministérielle des Villes (Interministerial town delegation) was aimed at making local councils reproduce the categories represented in the official debate (solidarity, global action, fight against exclusion) in their local contracts. However, it would appear that this strategy was the cause for a transactional relation with the periphery, in which the ideological conformity of local engagements also meant that the real contents were poorly defined. Selective perception, which is the object of this policy, puts forward another question though, on the rational action of the public in the case of decisive policy making. Confrontation between the proposed analysis and the model of so-called "limited rational action", brings out both the preponderant role of the ideological background in defining action and actor perception, and the limits of approach based on utilitarian assumptions.
Source : Éditeur (via Persée)
Article en ligne http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rfsoc_0035-2969_1996_num_37_2_5691