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Titre L'entreprise russe et le commerce extérieur
Auteur Monique Meyer
Mir@bel Revue Revue d'études comparatives Est-Ouest
Numéro vol 24, no 3-4, septembre-décembre 1993 Passé et présent religieux en Russie
Page 199
Résumé Depuis la disparition du monopole d'État du commerce extérieur, l'entreprise russe est confrontée à un monde totalement étranger à celui auquel elle était accoutumée. Pour avoir été longtemps coupée du marché international, l'accès à ce marché provoqua en elle une véritable euphorie. S'initiant au calcul économique, dont elles ne dominaient pas tous les aspects, nombre d'entreprises se lancèrent dans des exportations et des importations de nature souvent spéculative, dangereuses pour elles et pour l'économie dans son ensemble (détérioration de la balance commerciale, effondrement du rouble, etc.). L'intervention de l'Etat ne se fit pas attendre, englobant les deux aspects de l'échange extérieur. Si la transition à l'économie de marché implique la liberté des échanges de marchandises, donc de l'accès au marché mondial, la situation existante et la brève mais éloquente expérience d'ouverture brutale ont imposé le maintien d'un contrôle sur certaines transactions et donc une limitation des droits des entreprises. Les habituelles mesures de contrôle et d'orientation des flux de " marchandises " (licences, prohibitions, droits de douane et fiscalité indirecte - TVA) firent leur apparition comme instruments d'une politique économique. Celle-ci se prolonge par des mesures institutionnelles passant par les encouragements aux petites entreprises et la constitution de zones franches. La transition concerne également les flux monétaires en devises, liés à l'accès au marché international. Face à la fuite devant la monnaie nationale, le gouvernement a adopté des mesures concernant tout à la fois l'octroi des devises nécessaires aux importations et le rapatriement des celles obtenues en paiement des exportations. Ces mesures limitant les droits d'entreprises, virtuoses dans l'art de fuir les réglementations et les contrôles dans une économie en restructuration, se sont heurtées à une économie parallèle en plein essor, fondée sur la fraude, voire la corruption, et contribuant à fragiliser la situation économique du pays tout entier.
Source : Éditeur (via Persée)
Résumé anglais Russian enterprise and foreign trade. Since the disappearance of the State monopoly of foreign trade, Russian enterprises are having to face a world which is totally different from that to which they were accustomed. Having been so long cut off from the international market, access to it induced in them a state of euphoria. At their initiation into economic calculation, not all of whose aspects they had mastered, many firms embarked upon export and import ventures which were often of a speculative nature, and hazardous for them and for the economy as a whole (worsening of the trade balance, collapse of the rouble, etc.). The State was not long in intervening, encompassing the two aspects of foreign trade. While the transition to market economy implies freedom of exchange of goods, and therefore access to the world market, the existing situation and the short, sharp shock of the opening of this market called for a measure of supervision over certain transactions, and consequently a curtailment of the rights of enterprises. The conventional measures for control and direction of the flow of goods (licences, bans, customs duties and indirect taxation - VAT) duly appeared as instruments of economic policy. The latter continues its course by way of institutional measures through incentives to small firms and the establishment of free zones. Another aspect of the transition relates to currency flows, which are linked to access to the international market. Faced with the flight of the national currency, the government took steps to ensure the simultaneous granting of currency needed for imports, and the repatriation of currency obtained in payment for exports. These measures limiting the rights of enterprises, who are virtuosi in the art of evading regulations and controls, in an economy which is being restructured, have clashed with a fast-expanding parallel economy, founded on fraud, indeed corruption, and one which is helping to destabilize the economic situation of the entire country.
Source : Éditeur (via Persée)
Article en ligne https://www.persee.fr/doc/receo_0338-0599_1993_num_24_3_2638