Sign@l - Les démocraties à la conquête des âmes dans les guerres asymétriques : Problèmes généraux et situations historiques singulières

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Titre

Les démocraties à la conquête des âmes dans les guerres asymétriques : Problèmes généraux et situations historiques singulières

Auteur Jean Leca
Mir@bel Revue Revue Française de Science Politique
Numéro Vol. 61, no 1, 2011 L'action publique au prisme de ses instruments
Rubrique/Thématique
Controverse
Page 105-116
Mots-clés (matière)conflit armé droit international histoire science politique violence
Mots-clés (géographie)Gaza Israël Palestine
Résumé L'ouvrage commenté ici traite le problème militaire israélo-palestinien comme un cas particulier de la question générale des démocraties aux prises avec les dilemmes de la « contre-insurrection ». Combinant l'approche réaliste de Raymond Aron et la démarche éthique de Michael Walzer, l'auteur recommande une autre politique militaire faite d'« empathie », reconnaissant la souffrance et au moins partiellement la validité des demandes des populations palestiniennes, et de « schizophrénie » poursuivant à la fois l'éradication des groupes armés et le soutien des populations civiles. Cet appel à la rationalité fondé sur « l'histoire courte » (1980-2010) néglige peut-être la singularité d'un conflit où « l'actualité remonte le temps» et où «l'histoire [plus] longue » (1920-2010) marque la primauté de « grands récits » dont l'acceptation est préalable aux jeux rationnels qu'ils autorisent. Dans ce cas, le dilemme stratégique de Tsahal se transforme en dilemme politique de l'État d'Israël : éviter à la fois « l'empathie hostile » et « la sympathie défaitiste ».
Résumé anglais The book reviewed here treats of the Israeli-Palestinian military problem as a particular case of the general question of democracies faced with the dilemmas of “counter-insurgency”. Combining Raymond Aron's realistic approach and Michael Walzer's ethical approach, the author recommends a different military policy : one that is guided by “empathy”, acknowledging the Palestinians' suffering and at least the partial validity of their demands, and by “schizophrenia”, pursuing at once the eradication of armed groups and support for civilian populations. This appeal to reason based on “short-term history” (1980-2010) may well overlook the uniqueness of a conflict in which “current events hark back in time” and in which “long[er]-term history” (1920-2010) shows the primacy of “overarching narratives” whose acceptance is a prerequisite for the rational games they authorize. In this case, Zahal's strategic dilemma becomes the Israeli state's political dilemma : to avoid both “hostile empathy” and “defeatist sympathy”.
Article en ligne http://www.cairn.info/article.php?ID_ARTICLE=RFSP_611_0105