Sign@l - Le droit au territoire des communautés noires : mobilisation sociale et formation de l'Etat dans le Pacifique colombien (1993-2005)

Contenu de l'article

Titre

Le droit au territoire des communautés noires : mobilisation sociale et formation de l'Etat dans le Pacifique colombien (1993-2005)

Auteur Marta Isabel Domínguez Mejía
Mir@bel Revue Problèmes d'Amérique Latine
Numéro No 81, été 2011 Mouvements sociaux
Rubrique/Thématique
Dossier
 Mouvements sociaux
Page 59
Annexes Cartes, Schémas, Tableaux
Mots-clés (géographie)Colombie
Mots-clés (matière)communauté militantisme mouvement social Noirs pouvoir local propriété foncière revendication territoriale vie politique locale
Résumé La Constitution colombienne entrée en vigueur en 1991 reconnaît des droit territoriaux spéciaux aux communautés ethniques. Pour les Afro-descendants, cela signifie la titularisation collective des terres qu'ils occupent, principalement dans les zones rurales du Pacifique. Cet article analyse les effets de la titularisation, tant pour le « mouvement des communautés noires », que pour la consolidation d'un nouvel ordre étatique dans le Pacifique colombien. L'article analyse le processus de titularisation en mettant en évidence la multiplicité des acteurs qui interviennent et la façon dont se tissent des relations entre les fonctionnaires de l'État, les techniciens, les activistes afro-colombiens et les communautés rurales. Tout particulièrement, dans la municipalité de Buenaventura, la titularisation collective des terres engage les populations rurales à se définir en termes ethniques, en donnant la priorité dans leurs discours et leurs mobilisations à leur langue reconnue par les lois et les politiques de l'État. La titularisation collective rend plus claire la carte du Pacifique pour l'État. L'accomplissement des procédures de titularisation de la part des communautés permet de référencier géographiquement le territoire, la population et les ressources, en réduisant notablement les ambiguïtés générées par les multiples régimes de propriétés et d'occupation des sols qui existaient dans cette région avant la titularisation.
Source : Éditeur (via Cairn.info)
Résumé anglais In Colombia, the 1991 constitution recognizes special territorial rights for ethnically defined communities. For Afro-Colombians this meant the collective titling of the land they had long occupied, primarily in the rural areas of the pacific coast. The following article analyses the effects of collective titling for the “Black Communities Movement” and for the consolidation of a new State order in the Colombian Pacific. The article analyses the collective land titling files and records, finding evidence of multiple actors that intervene in this process, building intricate relations between state officials, technicians, Afro-Colombian activists and rural communities. With a special emphasis on the locality of Buenaventura, the article argues that collective titling of land stimulated rural populations to define themselves ethnically, and prioritize, in discourse and mobilizations, the language of ethnicity endorsed by the State. Collective titling also “cleared up” the map of the pacific region in the eyes of the State. The black communities' compliance with land titling procedures facilitated the geo-referencing of territories, populations and resources, widely reducing the ambiguities that previously existed with overlapping property and occupation regimes.
Source : Éditeur (via Cairn.info)
Article en ligne http://www.cairn.info/article.php?ID_ARTICLE=PAL_081_0059 (accès réservé)