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Titre France : austérité consolidée : Perspectives 2011-2012 pour l'économie française
Mir@bel Revue Revue de l'OFCE (Observations et diagnostics économiques)
Numéro no 119, octobre 2011 Perspectives économiques 2011-2012
Rubrique / Thématique
Perspectives 2011-2012
Page 125-194
Résumé En moyenne annuelle, l'économie française devrait croître de 1,6 % en 2011 et de 0,8 % en 2012. Cette performance est particulièrement médiocre et très éloignée du cheminement normal d'une économie en sortie de crise. Trois ans après le début de la crise, le potentiel de rebond de l'économie française est important : il correspondrait à une croissance spontanée moyenne de près de 3,8 % l'an au cours des années 2011 et 2012, permettant de rattraper, 5 ans après le début de la crise, l'écart de production accumulé. Mais cette reprise spontanée va être freinée principalement par la mise en place de plans d'économies budgétaires en France et dans l'ensemble de ses pays partenaires européens. Cette stratégie de consolidation budgétaire, imposée par la Commission européenne face à la forte dégradation des finances publiques au cours de la crise, devrait amputer de près de 2 points de PIB l'activité en France au cours des années 2011 et 2012. Un second choc, lié à l'envolée des prix des matières premières, limitera le rebond de croissance : absorbé principalement par les ménages, ce choc inflationniste pèsera sur leur pouvoir d'achat et limitera leurs dépenses. Ce mécanisme, également à l'oeuvre dans les autres pays occidentaux provoquera un ralentissement de leur économie et donc de leur demande adressée à la France. Au total et en cumulé, le choc inflationniste coûtera 1,3 point de croissance à l'économie française au cours de la période 2011-2012. En s'établissant à un rythme éloigné de son potentiel, la croissance attendue accentuera le retard de production accumulé depuis 2008 et continuera à dégrader la situation sur le marché du travail. Le taux de chômage augmenterait régulièrement au cours des six prochains trimestres, pour s'établir à 9,3 % fin 2011 et à 9,7 % fin 2012, après 9,1 % au deuxième trimestre 2010. Par ailleurs, le gain budgétaire attendu par le gouvernement de la mise en place de la stratégie de consolidation ? objectif de déficit des APU à 4,5 % de PIB en 2012 ? sera en partie rogné par le manque à gagner du côté des recettes fiscales en lien avec cette faible croissance. Le déficit des administrations publiques devrait s'établir respectivement à 5,8 % du PIB et 5,2 % en 2011 et 2012, après 7,1 % en 2010, portant la dette publique à 85,6 % du PIB en 2011 et à 89 % en 2012, contre 82,3 % en 2010.
Source : Éditeur (via Cairn.info)
Article en ligne http://www.cairn.info/article.php?ID_ARTICLE=REOF_119_0125