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Titre Ce que le terrain peut faire à l'analyse des votes
Auteur Céline Braconnier
Mir@bel Revue Politix
Numéro vol. 25, no 100, 2012 Faire des sciences sociales du politique
Rubrique / Thématique
Faire du terrain, penser par cas
Page 99-112
Résumé L'analyse électorale se nourrit surtout, aujourd'hui, de données de sondages atomistiques. Le modèle explicatif de l'électeur rationnel produisant ses votes seul à partir d'une étude de l'offre politique s'en trouve encore renforcé. En prenant appui sur des expériences de recherche par plans d'observation localisés, il s'agit ici de souligner l'intérêt scientifique que présente un retour au terrain pour comprendre plus en profondeur ce dont les votes sont faits. D'une part, l'étude de cas, par le cumul et le croisement de données variées dont la solidité est contrôlée, permet de dessiner des logiques fines de comportement dont d'autres enquêtes peuvent ensuite établir la distribution dans l'espace social. D'autre part, elle ménage une appréhension des électeurs dans leurs environnements – familiaux, amicaux, résidentiels – qui autorise l'analyse de la nature collective du vote. Les caractéristiques socio-démographiques des individus, leur parcours scolaire, professionnel, résidentiel, sont alors appréhendés comme des prédispositions incorporées à s'abstenir, à voter ou à le faire dans un certain sens dont le chercheur saisit l'actualisation dans des pratiques ou au contraire la neutralisation par les environnements. Faire du terrain conduit donc à penser le vote autrement.
Source : Éditeur (via Cairn.info)
Résumé anglais What Field Studies Can Bring to Electoral Analysis
Nowadays, electoral analysis relies mainly on atomistic data surveys. The explanatory model of rational voter, producing his vote without being influenced by anything surrounding him, and from a study of supply policy is further reinforced by such a model. This paper emphasizes the scientific interest of going back to field studies to allow a better understanding of what voting is really made of. It uses several research experiences based on observational methods confined to an area. On the one hand, because case study allows the accumulation and the crossing of verified data of a different kind, it leads to a precise logic of behavior which further investigations can then determine in terms of mapping. On the other hand, case study apprehends voters in their environments – family, friends, and area of residence – which allows the analysis of the collective dimension of voting. The socio-demographic characteristics of individuals, their academic, professional, or residential evolution are then understood as embodied predispositions to abstain or to vote, or to do so in a certain sense. The researcher can then observe if such predispositions can turn into voting practices or if, on the contrary, they seem neutralized by the environment. Therefore, field studies lead to a different and in-depth analysis of voting practices.
Source : Éditeur (via Cairn.info)
Article en ligne http://www.cairn.info/article.php?ID_ARTICLE=POX_100_0099