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Titre Les « savoir-être », un angle mort des débats sur la compétence
Auteur Élodie Ségal
Mir@bel Revue L'Homme et la société
Numéro no 162, 4e trimestre 2006 Les temps du travail
Rubrique / Thématique
Les temps du travail. Cycles et irréversibilité
Page 97
Résumé En nous appuyant sur l'étude d'une vingtaine de « chantiers compétences » mis en place dans le secteur industriel, nous mettons en évidence les grandes lignes d'un nouveau mode de rationalisation du travail : celui de la rationalisation de la subjectivité. Au-delà d'une analyse de la « logique compétence » comme mode d'organisation, notre regard se porte sur les réactions des salariés de fabrication. Ces dernières qui vont de la « simulation contrainte » au « retrait », en passant par l'« adhésion positive » et l'« adhésion négative », ne remettent pas fondamentalement en cause ce mode de rationalisation. Bien au contraire, ce modèle d'organisation des entreprises tend à contrôler et à utiliser le travail et surtout le travailleur sous des formes renouvelées. Les notions de « compétence relationnelle », « d'aptitude » et de « savoir-être » semblent devenir les axes forts de cette nouvelle gestion des salariés. Afin de dépasser le discours naturalisant qui fait reposer sur le seul individu ces nouvelles exigences, il nous semble nécessaire de construire des repères collectifs et objectivables aux compétences dites relationnelles.
Source : Éditeur (via Cairn.info)
Résumé anglais « “Knowing How to Be” : The Blind Spot in Debates about Competence »Studying around twenty « competence sites » established in the industrial sector, we have been able to identify a new mode of rationalization at the work place : the rationalization of subjectivity. Beyond an analysis of « logical competence » as a mode of organization, we looked at the reactions of assembly workers. These reactions, going from « constrained simulation » to « withdrawal », passing through « positive adhesion » and « negative adhesion », do not call into question this mode of rationalization. On the contrary, this type of organization tends to control and use work, and especially the worker, in renewed ways. The notions of « relational competence », « aptitude», and « knowing how to be » seem to have become the dominant elements of this new work management. In order to go beyond the naturalizing discourse founded upon the individual, it seems necessary to establish collective and objective criteria of the competences said to be relational.
Source : Éditeur (via Cairn.info)
Article en ligne http://www.cairn.info/article.php?ID_ARTICLE=LHS_162_0097