Sign@l - En marge de la loi et au coeur de la politique locale. Colonisation agraire des forêts classées au nord Ghana

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En marge de la loi et au coeur de la politique locale. Colonisation agraire des forêts classées au nord Ghana

Auteur David Andrew Wardell, Christian Lund
Mir@bel Revue Autrepart
Numéro no 30, 2004 Gouverner les hommes et les ressources. Dynamiques de la frontière interne
Page 117-134
Résumé Les réserves forestières correspondent à la création politique de frontières entre l'habité et l'inhabité, partant de l'idée que la mise en réserve est indispensable à la protection de l'intégrité des ressources naturelles. La politique forestière du Ghana d'après l'indépendance a été caractérisée par la centralisation, l'exclusion et une législation restrictive. Toutefois, les terres dont s'est emparé le gouvernement n'ont pas toujours été à proprement parler acquises par celui-ci; par conséquent, le foncier a toujours appartenu, et appartient encore aux propriétaires originels, bien qu'on leur en refuse formellement l'accès. Les pratiques de gestion des ressources forestières au nord Ghana diffèrent de façon radicale des politiques affichées. Une forme d'arrangement plus subtile, négociée et influencée par le politique continue de prévaloir aujourd'hui. Les autorités administratives et politiques ont longtemps toléré que certaines zones de réserves forestières soient (re)colonisées par les agriculteurs locaux. La frontière est poreuse et fournit un contexte générateur de rentes monétaires et politiques aux hommes politiques lorsqu'ils protègent et admettent l'exercice de droits attribués aux acteurs par les autorités coutumières. Ainsi se met en place un système foncier complexe, «feuilleté», étroitement lié aux questions de politiques locales, qui participe d'une re-définition continuelle de la légalité et des droits à la propriété.
Source : Éditeur (via Cairn.info)
Résumé anglais Forest reserves are a political creation of frontiers between the uninhabited and the inhabited based on the idea that reservation is necessary for the protection of the integrity of natural resources. Forest policy in post-Independence Ghana has been characterised by centralisation, exclusion and restrictive legislation. However, the lands seized by government for reserves were not always properly acquired, and consequently land was, and is, still owned by the original owners, though they have formally been denied access to their property. The actual governance of resources of the forest reserves in northern Ghana differs quite dramatically from declared policies. A much more subtle, negotiated and politically sensitive form of arrangement has prevailed and prevails today. Administrative and political authorities have long tolerated that significant areas of the forest reserves have been (re-)colonised by local farmers. The frontier is porous and provides a context for monetary and political rent seeking for political agents when protecting and indulging people's exercise of rights granted them by customary authorities. This creates a complex layered tenure system tightly connected to issues of local politics and produces a continuous re-definition of legality and property rights.
Source : Éditeur (via Cairn.info)
Article en ligne http://www.cairn.info/article.php?ID_ARTICLE=AUTR_030_0117