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Titre De l'espace public comme organisation. L'architecture feuilletée des énonciations publiques
Auteur Fabienne Malbois, Laurence Kaufmann
Mir@bel Revue Revue française des sciences de l'information et de la communication
Numéro No 6, 2015 Usages et usagers de l'information à l'ère numérique
Rubrique / Thématique
Émergences
Résumé Produit d'une longue histoire sociopolitique qui lui a confié, depuis le XVIIIe siècle, le rôle de garant de la démocratie moderne, l'espace public peut être appréhendé comme une organisation qui vise à constituer et maintenir l'être collectif fantomatique dont elle est le lieu d'apparition : le Public. Par rapport aux organisations institutionnelles plus classiques, cette organisation est particulière : peu articulée discursivement, elle n'est observable que de manière indirecte, notamment par la forme contraignante qu'elle impose aux énonciations. Ainsi, pour être heureuse, toute énonciation circulant dans l'espace public doit respecter la règle de l'énonciation publique : « Le Public parle au Public en public ». D'ordinaire, cette règle, et la façon dont elle régit la parole des différentes instances collectives (les organes médiatiques) et individuelles (les journalistes) qui animent l'espace public, est invisible. Elle devient en revanche particulièrement observable quand le Public est l'enjeu des prises de parole, comme ce fut le cas de la controverse dans laquelle ont été pris Le Nouvel Observateur, Dominique Strauss-Kahn et l'ouvrage Belle et Bête de Marcela Iacub en février et mars 2013. Le déploiement de cette controverse médiatique dans l'espace public français rend en effet visible l'architecture feuilletée des énonciations publiques – une architecture que cet article se propose de saisir empiriquement aussi bien que théoriquement.
Source : Éditeur (via OpenEdition Journals)
Résumé anglais The public sphere results from a long sociohistorical process and acts since the eighteenth century as guarantor for a genuine modern democracy. The public sphere can be seen, we argue, as an organization whose main role is to call into existence and sustain a collective being that is fundamentally a « phantom » : the Public. But the public sphere is a particular organization : poorly discursively articulated, it is observable only in an indirect manner, mainly via the constraining form that it imposes upon public enunciations. Indeed, to be « felicitous », any enunciation in the public sphere must satisfy the rule of public enunciation : « The Public speaks to the Public in public ». Although this rule strongly governs the enunciations within the public sphere, it stays usually in the background of media speech. Nevertheless, the rule of public enunciation comes in the foreground when the Public is at stake, as it is the case in the controversy that brings together Le Nouvel Observateur, Dominique Strauss-Khan and Belle et bête, a book written by the French feminist polemicist Marcela Iacub. Our article unfolds the fallout of that controversy in February and March 2013 in the French media and makes thereby empirically visible the « foliated architecture » that organizes public enunciations.
Source : Éditeur (via OpenEdition Journals)
Article en ligne http://rfsic.revues.org/1333