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Titre Le silence comme éthique ? Jürgen Kuczynski (1904-1997) : tentative de portrait
Auteur Sonia Combe
Mir@bel Revue Cahiers d'histoire. Revue d'histoire critique
Numéro no 120, 2013 Quel autre sport ?
Rubrique / Thématique
CHANTIERS
Page 137-154
Résumé Comprendre comment ont pu « tenir » les sociétés de type soviétique est un défi posé à l'historien(ne) du contemporain qui ne se satisfait pas des hypothèses réductrices. L'une d'elles est la loyauté vis-à-vis du projet fondateur. La tentative de portrait qui va suivre atteste autant qu'elle démonte la pertinence de cette hypothèse. Elle donne à voir les mécanismes qui conduisent au silence et font obstacle à la prise de parole dans un contexte de forte contrainte idéologique où se pose la question de la fidélité à des convictions. L'un des essais autobiographiques du chercheur est-allemand en sciences économiques et sociales Jürgen Kuczynski s'intitulait Ein linientreuer Dissident , soit littéralement : « Un dissident fidèle à la ligne [du Parti] ». Cet oxymore permet de saisir une figure essentielle dans la construction de la République démocratique allemande, celle de communistes (ou compagnons de route) qui, de Brecht à Christa Wolf, se turent alors même qu'ils avaient des désaccords, et dont Jürgen Kuczynski est un représentant exemplaire. On rencontre cette figure dans tous les états communistes – ainsi Georg Lukàcs, en Hongrie, ou encore Adam Schaff, en Pologne –, mais c'est probablement en Allemagne de l'Est qu'elle joua un rôle aussi décisif dans la stabilité du régime. On peut en effet émettre l'hypothèse qu'elle constitua l'un des facteurs qui y expliquent la faiblesse de l'opposition.
Source : Éditeur (via OpenEdition Journals)
Article en ligne http://chrhc.revues.org/3063