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Titre L'introduction des technologies de surveillance dans le travail policier. Facteur de changement ou de réassurance ?
Auteur Anaïk Purenne, Anne Wuilleumier
Mir@bel Revue Droit et cultures
Numéro no 61, juin 2011 Technologies, Droit et Justice
Rubrique / Thématique
Dossier : Technologies, Droit et Justice
Page 119-130
Résumé La collecte et l'analyse de données ne constituent pas des phénomènes récents. Néanmoins, d'importants changements se sont produits dans ce domaine au cours des dernières décades, faisant de la surveillance un outil à part entière des institutions modernes. Cet article analyse la manière dont les technologies de surveillance comme la vidéosurveillance, les banques de données ou encore la cartographie de la criminalité entrent en interaction, au sein des institutions chargées de la lutte contre la délinquance, avec le monopole étatique de la violence légitime. L'étude empirique de deux services de police français (un service dédié à la police des transports ferroviaires et une unité d'enquête composée d'agents issus d'administrations différentes) montre que ces technologies sont mises au service d'un ciblage de l'action de police sur des territoires ou des individus identifiés comme « à risque ». Elle tend à relativiser, dans le contexte français, l'hypothèse d'un mode de surveillance qui serait synonyme d'un adoucissement du contrôle social. Elle suggère que l'usage des technologies de surveillance peut aussi bien aider à la relégitimation de moyens de contrôle traditionnels à une époque où la discrétionnarité du travail policier est de plus en plus contestée.
Source : Éditeur (via OpenEdition Journals)
Résumé anglais Data collection and analysis is not a recent phenomenon. However, major changes have occurred in recent decades and surveillance now appears as a general tool in modern institutions. This paper is concerned with analyzing the way surveillance technologies such as CCTV, databases, or crime mapping concretely interact with the State's traditional monopoly of force in the institutions charged of crime control. The empirical study of two French police services (a transit police department and an inter-institutional detective squad) reveals that these technologies are used by police managers to target high-risk territories and offenders. These case studies tend to refute, in the French context, the hypothesis of surveillance as a symptom of a «softening» of social control. It suggests that the use of surveillance technologies can also help relegitimate traditional means of control at a time the discretion of police officers becomes increasingly discredited.
Source : Éditeur (via OpenEdition Journals)
Article en ligne http://droitcultures.revues.org/2458