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Titre La vie du poil. La construction du genre au cours du cycle de vie idéal des Mongols
Auteur Lacaze G.
Mir@bel Revue Cahiers d'anthropologie sociale
Numéro No 6, 2010 Poils et sang
Rubrique / Thématique
Poils et sang. Dirigé par Dimitri Karadimas
Page 105-116
Résumé Le lien entre le sang, la force vitale et la pilosité est très important chez les peuples mongols, pasteurs nomades d'Asie centrale. Il semble plus fort concernant les femmes que les hommes. Ainsi, chaque changement de coiffure d'une femme mongole correspond à une modification de l'écoulement de son sang menstruel. Le passage à la nubilité, à la maternité ou l'étape de la ménopause entraînent un changement de la coiffure des Mongoles. La pilosité constitue la marque visible de la capacité de reproduction du corps des femmes, de la qualité ou la quantité de la force vitale du corps. Ce lien relève d'un système de croyances chamanique. Le rôle de la pilosité est moins fort concernant les hommes qui ne « produisent pas de sang », aucun sang ne s'écoulant de leur corps ou de celui de gibiers potentiels puisque les Mongols sont des pasteurs nomades. En outre, l'influence du bouddhisme auquel les Mongols sont convertis depuis la fin du XVIe siècle a contribué à associer le sang, notamment le sang menstruel et celui de la parturition, à une souillure dangereuse. Elle a, par conséquent, renforcé le lien entre le sang féminin et la présence d'une force vitale – au sens chamanique – porteuse de souillure.
Source : Éditeur (via Cairn.info)
Résumé anglais The link between blood, vital force and pilosity is very important among Mongolian people, nomadic pastors of Central Asia. It seems stronger for women than for men. Thus, each change of the hairstyle of a Mongolian woman corresponds to a modification of the flow of her menstrual blood. Nubility, maternity and the stage of the menopause involve a change of Mongolian women's hairstyle. Pilosity constitutes the visible mark of the capacity of reproduction of the female body, the quality or the quantity of the vital force of their body. This link concerns a shamanic system of beliefs. The role of pilosity is less marked in the case of men who “do not produce blood”, since no blood flows from their body or any potential prey killed for food, the Mongols being nomadic pastoralists. Moreover, the influence of Buddhism to which the Mongols converted at the end of 16th century contributed to associate blood, in particular menstrual blood and that of parturition, with a dangerous stain. It, consequently, reinforced the link between women's blood and the vital force – in a shamanic sense – of the body, which is polluting in Buddhist conceptions.
Source : Éditeur (via Cairn.info)
Article en ligne http://www.cairn.info/article.php?ID_ARTICLE=CAS_006_0105