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Titre Deux rites de passage dans la « Nouvelle narration argentine » : Romance de la negra rubia de Gabriela Cabezón Cámara et Matate amor de Ariana Harwicz
Auteur Marie Audran
Mir@bel Revue Amerika
Numéro No 14, 2016 Passages
Rubrique / Thématique
Dossier "Passages"
Résumé Nous nous intéressons dans cet article, à la notion de rite de passage. Le rite de passage est un acte qui marque le passage symbolique vers un nouveau statut à travers une médiation matérielle (par le corps). Nous pouvons lire dans cette définition l'idée condensée par Bourdieu selon laquelle le rite consiste à « agir sur le réel en agissant sur la représentation du réel » (Bourdieu, 1982 : 58). Dans les œuvres étudiées, la représentation de l'inscription sur la peau serait alors une mise en abyme de l'inscription sur le papier. L'écriture, comme intervention sur le réel, peut être perçue comme rite de passage puisqu'en agissant sur les représentations elle agit d'une certaine manière sur le réel social, discursif, personnel, selon les cas. Ainsi nous nous demanderons que disent/représentent les rites de passage de la littérature argentine et de leurs auteures dans deux œuvres de la « Nueva Narrativa Argentina » : Romance de la negra rubia de Gabriela Cabezón Cámara (auteure argentine née à Buenos Aires en 1968) et Matate amor de Ariana Harwicz (auteure argentine née à Buenos Aires en 1978). Dans ces deux romans, les protagonistes que l'on peut considérer comme des doubles de leurs auteures, s'infligent des actes « symboliques » corporels – la protagoniste de Romance de la rubia negra s'immole par le feu au début du roman, puis se fait transplanter le visage de son amante ; celle de Matate amor se mutile en traversant la baie vitrée de sa maison- que nous considérons être des rites de passage en ce qu'ils marquent leur passage d'un statut à un autre et qu'ils inscrivent dans la chair leur devenir « autre » : le devenir d'une société double qui inclut la marge pour l'un, le devenir mère et l'exil pour l'autre. Dans un premier temps nous étudierons la structure de chaque roman en relation avec la structure de rite de passage, puis nous aborderons les différentes significations de ces passages, enfin nous étudierons la question de l'écriture comme rite de passage vers une écriture singulière, vers une écriture engagée, vers une « Nueva narrativa argentina ».
Source : Éditeur (via OpenEdition Journals)
Résumé anglais In this article, we are interested in the notion of « rite of passage ». The rite of passage is an action which marks the symbolic passage towards a new status through a material mediation (with the body). In this definition we can read Bourdieu's condensed idea according to which the rite consists in “acting on the reality by acting on the representation of the reality”(Bourdieu, 1982: 58). In the studied works, the representation of the representation on the skin would therefore be a “mise en abyme” of the inscription on the paper. The writing, as an intervention on the reality, can be seen as a rite of passage because by acting on the representations it acts, in a way, on the social, discursive and personal reality, as appropriate. Thus, we will wonder what the rites of passage of the Argentine literature and their female authors mean in two works of the “Nueva Narrativa Argentina”, Romance de la negra rubia from Gabriela Cabezon Camara (Argentine author born in 1968 in Buenos Aires) and Matate amor from Ariana Harwicz (Argentine author born in 1978 in Buenos Aires). In thus two novels, the protagonists, that we can consider as the copies of their authors, impose symbolics physicals acts to themselves – the protagonist from Romance de la negra rubia sacrifies herself by the fire at the beginning of the novel, then she makes her lover's face transplanted on her; the one in Matate amor mutilates herself going through the glass window of her house- that we consider being rites of passage because they mark the passage of the status to another one and they register in their flesh the future “other”: the future of a double society which includes the margin for one, the mother future and the exile for the other. Al first we will study the structure of each novel in relation with the structure of the rite of passage, then we will tackle the different meaning of these passages, finally we will study the question of writing as a rite of passage towards a singular writing, towards a committed writing, towards a “Nueva narrative argentina”.
Source : Éditeur (via OpenEdition Journals)
Article en ligne http://amerika.revues.org/7055