Titre | Aux origines de l'anthropomorphisme | |
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Auteur | Gabriella Airenti | |
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Revue | Gradhiva : revue d'anthropologie et de muséologie |
Numéro | no 15, 2012 Robots étrangement humains | |
Rubrique / Thématique | Dossier Robots étrangement humains |
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Page | 34-53 | |
Résumé |
Dès la première enfance, les humains attribuent des traits de comportement anthropomorphe, tels des intentions, des perceptions et même des sentiments, aux artefacts. Pourquoi cette attitude est-elle si répandue ? Dans le champ de la psychologie, on a longtemps attribué ces comportements à l'exercice d'une forme primitive de la pensée, et notamment à l'incapacité prêtée aux jeunes enfants de distinguer entre le niveau physique et le niveau mental de la réalité. On admettait aussi que cette incapacité, propre aux enfants, pouvait, dans des situations affectivement chargées ou difficiles, affecter le comportement des adultes.Des recherches récentes ont montré, toutefois, que les très jeunes enfants sont parfaitement en mesure de distinguer entre ce qui relève du physique et ce qui relève du mental. Nous proposons donc dans cet article l'hypothèse qu'à l'origine de l'anthropomorphisme l'on ne trouve pas une modalité spécifique de la pensée, mais plutôt des modalités d'interaction précocement apprises. Plusieurs études consacrées au développement social de l'enfant montrent en effet que ce qu'on appelle « anthropomorphisme » est une extension aux non-humains de modalités interactionnelles propres au dialogue entre humains. Source : Éditeur (via OpenEdition Journals) |
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Résumé anglais |
Since a very young age humans attribute anthropomorphic features like intentions, perceptions and even feelings to artifacts. Why is this behavior so common? In the past developmental psychologists have considered this attitude as a primitive form of thinking. They maintained that young children where unable to distinguish between physical and mental events. Adults would adopt a similar attitude only when facing affectively charged or difficult situations. However, recent research has shown that also young children make distinctions between the “physical” and the “mental”. In this article I argue that anthropomorphism is not a primitive form of thinking but has its origins in interaction modalities acquired during infancy. A number of studies devoted to social development show that what we call “anthropomorphism” is an extension to non-humans of forms of interactions typical of human dialogue. Source : Éditeur (via OpenEdition Journals) |
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Article en ligne | http://gradhiva.revues.org/2314 |