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Titre Transferts et continuités de la politisation à l'Organisation mondiale de la santé : le cas des substituts du lait maternel
Auteur Auriane Guilbaud
Mir@bel Revue Critique internationale
Numéro no 76, juillet-septembre 2017 La (dé)politisation des organisations internationales
Rubrique / Thématique
Thema
Page 101-119
Résumé L'analyse des débats relatifs à l'alimentation des nourrissons par des substituts du lait maternel qui se sont tenus au sein de l'Organisation mondiale de la santé dès la fin des années 1960 permet de revenir sur les stratégies et techniques de (dé)politisation mobilisées par les ONG, les entreprises, les États, les bureaucraties des OI dans et autour de l'arène des organisations internationales. Les notions de politisation et dépolitisation sont utilisées ici dans le but d'éclairer le fonctionnement de l'OMS, au-delà de son caractère « technique » très souvent supposé, et de mettre en évidence les investissements dont elle fait l'objet, en particulier de la part d'acteurs non étatiques. Les trois stratégies identifiées – provoquer le conflit versus rechercher le consensus, aspirer à la publicisation versus au confinement, avoir recours à des principes idéologiques versus prôner une approche pragmatique – sont mises en œuvre par différentes techniques (recours à des représentants politiques, à des experts, à des arguments scientifiques ou techniques, à des médias) et de manière différenciée selon les types d'acteurs. Moment structurant pour l'OMS, la question des substituts du lait maternel a suscité des effets d'entraînement de la politisation, désormais permanente avec un élargissement sectoriel à de nouvelles thématiques.
Source : Éditeur (via Cairn.info)
Résumé anglais Transfers and Continuities in the Politicization of the World Health Organization: The Case of Breast-Milk Substitutes By examining the debates that took place from the late 1960s onwards within the World Health Organization regarding the practice of feeding breast-milk substitutes to infants, one may revisit the strategies and techniques of (de) politicization used by NGOs, companies, states and IO bureaucracies within and adjacent to the arena of international organizations. The present article uses the notions of politicization and depoliticization in order to clarify the operation of the WHO beyond what is very often taken for its “technical” character and to underscore the investments made in it, particularly on the part of non-state actors. The three strategies identified here – provoking conflict rather than seeking consensus, desiring publication rather than containment and appealing to ideological principles instead of promoting a pragmatic approach – are implemented by various techniques (appealing to political representatives, experts, scientific or technical arguments, the media) and in differentiated manner depending on the type of actor. A formative moment for the WHO, the question of breast-milk substitutes generated knock-on effects of politicization. These subsequently became permanent and underwent sectoral expansion to new themes. ■
Source : Éditeur (via Cairn.info)
Article en ligne http://www.cairn.info/article.php?ID_ARTICLE=CRII_076_0101