Sign@l - Les nuits contestataires des néo-charbonniers du Vercors : un chronotope forestier au service d'une hétérotopie

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Les nuits contestataires des néo-charbonniers du Vercors : un chronotope forestier au service d'une hétérotopie

Auteur Christophe Baticle, Philippe Hanus
Mir@bel Revue Revue de Géographie Alpine
Numéro vol. 106, no 3, 2018 Nuits et montagnes
Résumé Depuis une vingtaine d'années, les fêtes-charbonnières du massif du Vercors fédèrent, quelques semaines durant, un groupe d'individus – aux aspirations libertaires et/ou écologistes – pour produire, avec le soutien d'habitants du secteur, un chronotope inédit : l'édification puis la carbonisation d'une meule de bois en forêt, autour de laquelle vont se greffer le village des « néo-charbonniers » et les infrastructures festives, selon un rythme fourni par l'avancée de la combustion, à la manière d'une hétérotopie contestataire de la vie diurne dans la vallée. Au-delà de la dimension patrimoniale, cette expérience collective de la nuit dans une forêt de montagne, n'exclut pas des déclinaisons dans les registres de l'imaginaire, du symbolique, mais encore du politique. Derrière le prétexte du charbon de bois, leurs protagonistes se fédèrent à travers une pratique spatialisée (la clairière) et se réfèrent aux deux grandes figures tutélaires du territoire : l'ancêtre charbonnier et le maquisard en « clandestin de la nuit ». Le chronotope ainsi mis en place emprunte donc à l'hétérotopie et à l'hétérochronie dans la mesure où le dispositif forestier, diurne et surtout nocturne, constitue un « espace autre » dans une manière atypique de vivre les rythmes du quotidien en lien (plus ou moins fantasmé) avec l'Histoire du Vercors. Ces métonymies festives du temps et de l'espace sont alors des points d'arrimage spatio-temporels qui indiquent comment cette expérience se constitue, en situation, pour contester l'ordre dominant.
Source : Éditeur (via OpenEdition Journals)
Résumé anglais For around two decades the charcoal burning festivals of the Vercors have been bringing together a group of individuals – with libertarian and/or ecologist aspirations – for the space of a few weeks to produce an unusual chronotope with the support of the local inhabitants: the erection then carbonisation of a charcoal pit in the forest, around which will be added the village of the “neo-wood colliers” and the festive infrastructures according to the rhythm furnished by the progress of the combustion, in the fashion of a heterotopiacontesting daytime life in the valley. Above and beyond the heritage aspect, this collective experience of the night in a mountain forest does not exclude variations in the realms of the imaginary, symbolic and political. Behind the pretext of charcoal, their protagonists unite through a spatial practice (the clearing) and refer to the two great guardian figures of the region: the wood collier ancestor and the resistance fighter as “clandestines of the night”. The chronotope thus set up therefore borrows from heterotopia and heterochrony insofar as the diurnal and especially nocturnal forest system constitutes “another space” in an atypical way of living the rhythms of daily life in connection (fantasised to a greater or lesser degree) with the History of the Vercors region. These festive metonyms of time and space are spatial and temporal anchor points which indicate how this experience is established in situ to challenge the dominant system.
Source : Éditeur (via OpenEdition Journals)
Article en ligne http://journals.openedition.org/rga/3958