Sign@l - ‪Self-Made Boats and Social Self-Management‪ : ‪The late-Soviet ethics of mutual aid‪

Contenu de l'article

Titre

‪Self-Made Boats and Social Self-Management‪ : ‪The late-Soviet ethics of mutual aid‪

Auteur Xenia Cherkaev
Mir@bel Revue Cahiers du monde russe
Numéro volume 59, no 2, juillet-septembre 2018 Hors plan : L'économie informelle en URSS
Page 289-310
Résumé L'article débute par les récits rocambolesques de Léningradois qui, à partir de matériaux industriels obtenus de manière illicite, réalisèrent eux-mêmes leurs propres équipements pour pratiquer des activités de loisir de plein air. L'auteur ne considère pas ces récits comme une preuve de la circulation illicite de matériaux, mais davantage comme l'expression de valeurs éthiques : celles-ci auraient la générosité pour base commune et ne sauraient être considérées au prisme de cadres analytiques basés sur l'intérêt privé et la volonté d'acquérir. L'auteur soutient qu'elles doivent plutôt être comprises comme l'expression d'un régime soviétique idiosyncratique de la propriété axé sur le bien de l'individu et qui n'était pas opposé à la propriété socialiste mais en était co-constitutif. Par le biais de l'analyse de documents politiques, d'arguments juridiques et d'articles de presse des années 1960, l'auteur montre que les réformes prévues par le troisième programme du Parti en 1961 ont étendu la logique juridique de la propriété personnelle à la sphère éthique personnelle. Plus précisément, le programme exigeait que le peuple place ses obligations éthiques — œuvrer pour le bien collectif — au-dessus de ses obligations formelles de suivre la loi à la lettre. En encadrant les transactions nécessaires mais non planifiées dans les termes légaux de l'« assistance mutuelle », cette posture morale aida l'économie à paraître fonctionnelle en dépit de ses problèmes endémiques de distribution.
Source : Éditeur (via Cairn.info)
Résumé anglais ‪This article begins with the heroic stories former-Leningrad residents tell about making their own outdoor tourist gear out of illicitly obtained industrial materials. Reading these stories not as evidence of illicit circulation, but as expressions of ethical values, the author shows that they are united by common assumptions of generosity and argues that these assumptions cannot be understood through analytic frameworks concerned with private, acquisitive interest. Instead, she argues that they must be understood as the expression of an idiosyncratic Soviet property regime based on personal welfare that was not opposed to, but co-constitutive of, socialist property. Analyzing political statements, juridical arguments and media texts from the 1960s, the author shows that the 1961 Third Party Program reforms extended the juridical logic of personal property to personal ethical realms. Specifically, the Program demanded that people place their ethical obligations – to strive for overall greater good – above their formal obligations to follow the letter of the law. By framing necessary but unplanned transactions in the “a-legal” terms of “mutual aid,” this ethical stance helped the economy appear functional despite its endemic circulation problems.‪
Source : Éditeur (via Cairn.info)
Article en ligne http://www.cairn.info/article.php?ID_ARTICLE=CMR_592_0289 (accès réservé)