Contenu de l'article

Titre Modèle patrimonial et crime organisé : le cas de la Corse
Auteur Sébastien Dubois, Jean Pralong
Mir@bel Revue Gérer et comprendre (Annales des mines)
Numéro no 156, juin 2024
Rubrique / Thématique
Réalités méconnues
Page 31-40
Résumé Malgré son impact socio-économique, le crime organisé a encore peu intéressé la recherche en gestion. À partir de la critique des deux modèles dominants sur le crime organisé (bureaucratique et entrepreneurial) et de la sociologie wébérienne, nous proposons le modèle alternatif de l'organisation patrimoniale. Nous appuyant sur le cas corse, nous montrons comment ce modèle éclaire la façon dont les organisations criminelles résolvent les deux paradoxes organisationnels auxquels elles font face : l'apparente contradiction entre sécurité et flexibilité, et l'articulation entre temps court et temps long. Le modèle patrimonial repose sur la personnalisation du pouvoir, des contrats et des revenus, le statut des chefs (entendu comme leur capacité à faire peur), la légitimité (paradoxale) dont jouissent les organisations criminelles fortement ancrées dans un territoire qu'elles contrôlent. Nous concluons cet article en expliquant pourquoi le crime organisé corse, aussi puissant soit-il, n'est pas une mafia.
Source : Éditeur (via Cairn.info)
Résumé anglais Despite its socio-economic impact, organized crime has received little attention from management research. Based on the critique of the two dominant models of organized crime (bureaucratic and entrepreneurial) and Weberian sociology, we propose the alternative model of patrimonial organization. Based on the Corsican case, we show how this model sheds light on the way in which criminal organizations resolve the two organizational paradoxes they face: the apparent contradiction between security and flexibility, and the connection between short and long timeframes. The patrimonial model is based on the personalization of power, contracts, and income, the status of bosses understood as their ability to instill fear, and the (paradoxical) legitimacy enjoyed by criminal organizations strongly anchored in a territory they control. We conclude this article by explaining why Corsican organized crime, as powerful as it is, is not a mafia.
Source : Éditeur (via Cairn.info)
Article en ligne https://www.cairn.info/article.php?ID_ARTICLE=GECO1_156_0031 (accès réservé)