| Titre | L'évergétisme et ses modèles dans les cités grecques d'époque romaine : Éléments socio-historiques d'une approche critique | |
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| Auteur | Anne-Valérie Pont | |
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Revue | Annales. Histoire, Sciences Sociales |
| Numéro | vol. 80, no 3, juillet-septembre 2025 Évergétisme et capital social / Travailleurs, migrations et cultures | |
| Rubrique / Thématique | Évergétisme et capital social |
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| Page | 455-493 | |
| Résumé |
L'évergétisme civique, c'est-à-dire les dépenses sur fonds privés en faveur d'une communauté politique ou de groupes en son sein, fut consacré comme un objet d'histoire par Paul Veyne en 1976 dans Le pain et le cirque. Dans le chapitre 2 de cet ouvrage, ce comportement est défini comme un élément du style de vie des notables dans les cités grecques. Plus récemment, une théorie transactionnelle des bienfaits dans les mondes civiques grecs a mis l'accent sur la capacité du peuple à exiger ces compensations de la part des élites pour légitimer leur pouvoir et leur richesse. Toutefois, bien des sources et des travaux présentent des dissonances avec ces modèles historiographiques autour d'un terme dont le caractère anachronique et euphémistique embarrasse la lecture des phénomènes. En nous attachant aux cités grecques d'époque romaine, nous interrogeons les ambiguïtés des discours publics célébrant les bienfaits des élites à l'aune des pratiques réelles et de leur perception par les différentes parties prenantes des corps civiques. L'analyse des dépenses élitaires publiques vient ainsi réfuter un modèle rationnel légitimant et revisite la configuration de pouvoir local décelée par P. Veyne. Au-delà du face-à-face discursif et politique entre le peuple et les gouvernants des cités, cet article invite ainsi à prendre la mesure des dynamiques politiques, financières et sociales en faveur de sous-groupes notabiliaires dans les cités. Source : Éditeur (via Cairn.info) |
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| Résumé anglais |
Civic euergetism, that is, the expenditure of private funds on behalf of a political community or groups within it, was established as an object of historical study by Paul Veyne in his 1976 monograph Le pain et le cirque (Bread and Circuses). In its second chapter, this behavior is defined as part of the lifestyle of notables in Greek cities. More recently, a transactional theory of benefaction in Greek civic worlds has emphasized the people's ability to demand such compensation from the elites in order to legitimize their power and wealth. However, many sources and studies reveal dissonances with historiographical models that revolve around a term whose anachronistic and euphemistic character complicates interpretation of these phenomena. Focusing on Greek cities under Roman rule, this article examines the ambiguities of public discourse celebrating the benefactions of elites, reconsidering them in light of actual practices and their perception by the various stakeholders of civic bodies. The analysis of elite public expenditure challenges a rational model based on legitimation and reconsiders the configuration of local power identified by Veyne. Beyond the political and discursive interaction between the people and the rulers of the cities, this article seeks to highlight the political, financial, and social dynamics that benefited certain subgroups of notables within civic communities. Source : Éditeur (via Cairn.info) |
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| Article en ligne | https://shs.cairn.info/revue-annales-histoire-sciences-sociales-2025-3-page-455?lang=fr (accès réservé) |


