| Titre | Le passé peut-il être révolutionnaire ? La réception des Cahiers d'Antonio Gramsci par Ernesto De Martino | |
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| Auteur | Maririta Guerbo | |
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Revue | Astérion |
| Numéro | no 33, 2025 Gramsci et la pensée populaire | |
| Résumé |
Dans cet article, nous revenons sur la première réception des Cahiers de prison de Gramsci en Italie, au tournant des années 1950, en nous concentrant sur le cas d'Ernesto De Martino. L'étude de cette réception permet de faire émerger les véritables enjeux des Cahiers, au croisement de la philosophie sociale et de la philosophie de l'histoire. Notre argumentation s'appuie sur plusieurs notions gramsciennes dont nous souhaitons approfondir les usages : les groupes sociaux subalternes, les traditions passées et les modes de survivance actifs du folklore religieux. À travers les transformations impulsées par De Martino, nous montrons la manière dont ces notions s'articulent et se resserrent progressivement autour de l'interrogation suivante : à quelles conditions le passé peut-il devenir révolutionnaire ? Nous développons donc une conception inédite des marges d'histoire du Cahier 25, où déshumanisation et naturalisation des subalternes vont de pair. Cette conception très radicale de l'histoire de l'oppression, loin de réduire les subalternes au silence, fait appel à l'étude positive des traditions passées, religieuses et folkloriques, considérées comme les archives incarnées d'une histoire niée. L'éveil et la mobilisation de ce passé permettront alors de dépasser une conception purement événementielle de la rupture révolutionnaire. Source : Éditeur (via OpenEdition Journals) |
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| Résumé anglais |
In this paper, we examine the initial reception of Gramsci's Prison Notebooks in Italy at the turn of the 1950s, focusing in particular on the case of Ernesto De Martino. Studying this reception allows us to identify the real issues at stake, at the intersection of social philosophy and the philosophy of history. Our argument is based on several Gramscian concepts such as: subaltern social groups, past traditions, and active modes of survival in religious folklore. Through the transformations initiated by De Martino, we show how these concepts are articulated and gradually converge around the following question: under what conditions can the past become revolutionary? We thus develop a new conception of the margins of history in Notebook 25, where the dehumanisation and naturalisation of the subalterns go hand in hand. Far from reducing the subalterns to silence, this very radical conception of the history of oppression calls for a positive study of past religious and folkloric traditions, considered as the embodied archives of a denied history. The awakening and mobilisation of the past will then make it possible to move beyond a purely event-based conception of revolutionary rupture. Source : Éditeur (via OpenEdition Journals) |
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| Article en ligne | https://journals.openedition.org/asterion/12312 |


