| Titre | Inclusions paradoxales : la politique de « diversité » dans les industries cinématographique et audiovisuelle | |
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| Auteur | Maxime Cervulle, Sarah Lécossais | |
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Revue | Revue française des sciences de l'information et de la communication |
| Numéro | no 31, 2026 L'intersectionnalité au croisement des regards | |
| Rubrique / Thématique | Dossier |
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| Résumé |
Au cours des vingt-cinq dernières années, l'inclusion des minorités ethnoraciales est devenue un enjeu majeur dans les industries cinématographiques et audiovisuelles. Portée par un enchevêtrement d'actions publiques et de stratégies éditoriales, la promotion de la « diversité » a progressivement transformé les pratiques professionnelles. Pour saisir ces mutations et leurs implications, cet article s'appuie sur deux enquêtes complémentaires. La première est une étude statistique évaluant les modalités de représentation des différents groupes sociaux dans le cinéma d'initiative française. Elle montre à quel point la présence des minorités ethnoraciales à l'écran est conditionnée par le genre, l'âge ou encore l'importance du rôle et sa connotation dans le récit. L'articulation de ces résultats avec une enquête par entretiens auprès de comédien·nes et de responsables de distribution artistique donne ensuite à voir combien le croisement de ces rapports de pouvoir structure les secteurs audiovisuel et cinématographique et oriente les carrières des artistes-interprètes perçus comme non blancs. La « compensation narrative », soit la propension à les distribuer majoritairement dans des rôles à connotation positive, révèle toutes les ambivalences de leur inclusion dans la fiction. Qu'ils soient assignés à leur phénotype dans des rôles pauvres (dits « ethniques »), réduits à des personnages sans intrigue (les « rôles-fonctions ») souvent peu complexes, ou distribués dans des rôles de « faire-valoir » du protagoniste, ces comédien·nes expérimentent au quotidien les effets de la division raciale du travail actorial. Source : Éditeur (via OpenEdition Journals) |
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| Résumé anglais |
Over the past twenty-five years, the inclusion of ethnoracial minorities has become a major issue in the film and television industries. Driven by a complex interplay of public policy initiatives and editorial strategies, the promotion of “diversity” has gradually reshaped professional practices. To grasp these transformations and their implications, this article is based on two complementary studies. The first one is a statistical analysis assessing the modes of representation of various social groups in French-initiated cinema. The findings highlight the extent to which the on-screen presence of ethnoracial minorities is shaped by factors such as gender, age, the prominence of the role, and its narrative connotation. By combining these quantitative results with a series of interviews conducted with actors and casting professionals, the article further reveals how the intersection of power relations structures the audiovisual and film sectors, shaping the career paths of performers perceived as non-white. The phenomenon of “narrative compensation”—that is, the tendency to cast such performers predominantly in positively connoted roles—exposes the ambivalent nature of their inclusion in fiction. Whether cast in typecast, underdeveloped “ethnic roles,” confined to flat, peripheral “function roles” lacking in complexity, or reduced to the protagonist's sidekick, these actors navigate the daily realities of a racialized division of acting labor. Source : Éditeur (via OpenEdition Journals) |
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| Article en ligne | https://journals.openedition.org/rfsic/17962 |


