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Titre Les normes internationales à l'épreuve du local : les maires à Fukushima après l'accident nucléaire
Auteur Christine Fassert, Rina Kojima
Mir@bel Revue Socio-anthropologie
Numéro no 51, 1er semestre 2025 Le corps actif de la mesure
Rubrique / Thématique
Varia
Page 197-218
Résumé Les conséquences environnementales et sanitaires d'un accident nucléaire sont gérées dans un cadre normatif et réglementaire international, héritier de processus de standardisation menés par l'Agence internationale de l'énergie atomique et la Commission internationale de protection radiologique, organisations qui ont accompagné le développement de cette technoscience (Creager et Retetzi, 2019). L'accident nucléaire de Fukushima survenu en mars 2011 a vu le déploiement d'une gestion de l'accident nucléaire mise en place par le gouvernement japonais et soucieuse de promouvoir une « reconstruction » rapide des territoires touchés.Basé sur une enquête empirique longitudinale menée pendant huit ans après cet accident nucléaire dans la préfecture de Fukushima, cet article examine l'administration des conséquences de l'accident pour les populations, et plus particulièrement le rôle des maires. À travers les notions d'« habitabilité » (Blanc, 2019) et de « réparation » (Centemeri et al. 2020), nous montrons comment les maires de deux villages contaminés par la radioactivité et évacués administrent les conséquences de la catastrophe, et tentent de répondre aux besoins et demandes de leurs élus, dans le cadre contraint de la politique gouvernementale, tandis qu'ils s'efforcent aussi de corriger les injustices crées par le « zonage » et les compensations financières associées, et de restaurer le paysage endommagé par l'accident nucléaire. Nous montrons en quoi le cadre normatif développé par les institutions nucléaires internationales génère des dilemmes difficiles pour les maires, et se heurte à de nombreuses questions soulevées par les habitants sur leurs conditions de vie après la catastrophe.
Source : Éditeur (via OpenEdition Journals)
Résumé anglais The environmental and health consequences of a nuclear accident are managed within an international normative and regulatory framework. This is the legacy of standardisation processes led by the International Atomic Energy Agency (IAEA) and the International Commission on Radiological Protection (ICRP), two organisations that have accompanied the development of this technoscience (Creager and Retetzi, 2019). Following the Fukushima nuclear accident in March 2011, the Japanese government deployed a nuclear accident management policy which aimed at promoting the rapid ‘reconstruction' of the affected territories. This article is based on an eight-year longitudinal empirical survey conducted following the nuclear accident in the Fukushima Prefecture. It examines the administration of the accident's consequences for the population, with a particular focus on the role of mayors. Drawing on the concepts of ‘habitability' (Blanc, 2019) and ‘repair' (Centemeri et al., 2020), we explore how mayors in two contaminated and evacuated villages manage the aftermath of the disaster. They must balance responding to the needs of their constituents within the confines of government policy while addressing the injustices caused by ‘zoning' and associated financial compensation and restoring the landscape damaged by the nuclear accident. We examine how the normative framework developed by international nuclear institutions gives rise to challenging dilemmas for mayors and conflicts with many of the issues raised by residents concerning their living conditions post-disaster.
Source : Éditeur (via OpenEdition Journals)
Article en ligne https://journals.openedition.org/socio-anthropologie/19454