| Titre | Quel travail mérite chômage ? L'activation des chômeuses à l'aune des rapports sociaux de classe et de race | |
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| Auteur | Angel Louis-Baraud | |
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Revue | Sociologie du travail |
| Numéro | vol. 67, no 2, avril-juin 2025 Prix des jeunes auteurices 2024 | |
| Rubrique / Thématique | Prix des jeunes auteurices |
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| Résumé |
À partir d'une enquête ethnographique dans un quartier populaire francilien, je m'intéresse aux relations qu'entretiennent des femmes, chômeuses et « inactives », avec Pôle emploi ainsi qu'avec d'autres institutions du champ de l'insertion. Plus précisément, je cherche à établir dans quelle mesure ces femmes sont exposées à la norme de « l'emploi à tout prix » qui guide les politiques de gestion du chômage depuis les années 1990. Cette recherche s'inscrit dans la continuité des travaux en sociologie du chômage tout en entendant renouveler ces approches, qui ont peu intégré à leurs analyses la question de l'imbrication des rapports sociaux. L'enquête montre que ces femmes des classes populaires, souvent immigrées, mères dans des familles hétérosexuelles, ne font pas principalement face, dans leurs relations avec différentes institutions de l'État social, à des injonctions à l'emploi. Leur accès au statut de « demandeuse d'emploi » ou même de « chômeuse » est entravé de multiples manières. En revanche, elles sont particulièrement exposées à divers processus de gratuisation de leur travail. Finalement, il apparaît que la gestion du chômage en France est non seulement socialement différenciée mais également genrée et racialisée. Source : Éditeur (via OpenEdition Journals) |
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| Résumé anglais |
This article examines the relationships that unemployed and “inactive” women maintain with the French public employment service and other institutions operating in the field of social integration. Based on an ethnographic study conducted in a working-class neighbourhood in the Île-de-France region, it seeks to analyse the extent to which these women are subject to the normative imperative of “employment at all costs”, which has underpinned unemployment policy in France since the 1990s. Building on existing sociological research on unemployment, this study aims to renew these approaches by foregrounding the intersectionality of social relations —a dimension that has often been insufficiently addressed. The findings reveal that women from working-class backgrounds —often immigrants— and mothers in heterosexual families are not primarily confronted with pressure to enter the labour market in their interactions with various welfare institutions. Their access to the formal status of “job seeker” or even “unemployed” is often obstructed through multiple mechanisms. At the same time, they are particularly exposed to various forms of encouragement to engage in unpaid work, especially in parenting roles and voluntary activities. Ultimately, the research shows that the management of unemployment in France is not only socially differentiated, but also profoundly shaped by gendered and racialised logic. Source : Éditeur (via OpenEdition Journals) |
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| Article en ligne | https://journals.openedition.org/sdt/48516 |


