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Revue Annales historiques de la Révolution française Mir@bel
Numéro no 422, octobre-décembre 2025
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  • Articles

    • L'Abbé Grégoire et l'arbre de la liberté : écrire l'histoire immédiate d'un symbole naturaliste transnational entre la France et les États-Unis pendant la Révolution française - Nils Renard p. 3-26 accès réservé avec résumé avec résumé en anglais
      L'arbre de la liberté est un symbole politique essentiel de la Révolution française. Associé à l'élan populaire spontané de la révolte, son articulation aux représentations officielles de la République conduit à une identification de ce symbole à la Révolution, d'abord américaine, puis française, formant un symbole naturaliste révolutionnaire et transatlantique. En pleine guerre avec l'Angleterre et alors que les relations de la France républicaine avec les États-Unis se sont détériorées, Henri Grégoire publie son Essai historique et patriotique sur les arbres de la liberté, en germinal an II (avril 1794), texte qui, précisément, dresse des ponts avec l'usage du Tree of Liberty aux États-Unis et se clôt par une adresse au peuple anglais. Véritable traité sur la symbolique politique de l'arbre dans un régime républicain, le texte de Grégoire offre un espace de réflexion sur la diffusion des révolutions de part et d'autre de l'Atlantique. Nous nous attacherons à replacer ce texte et l'arbre de la liberté dans son contexte d'écriture, au plan politique mais aussi scientifique, et dans le dialogue avec les États-Unis et l'Angleterre qui y est esquissé, pour comprendre les enjeux de l'écriture d'une histoire immédiate de la Révolution sous les auspices de l'arbre de la liberté.
      The liberty tree is an essential political symbol of the French Revolution. Associated with spontaneous popular uprising, its presence in official representations of the Republic soon became identified with the Revolutions, first the American, then the French, thus forming a naturalistic, revolutionary, and transatlantic symbol. Amid the war with England and at the time when relations between Republican France and the United States had deteriorated, Henri Grégoire published his Essai historique et patriotique sur les arbres de la liberté in Germinal Year II (April 1794), a text that specifically aimed to forge unity with the use of the liberty tree in the United States, concluding with an address to the English people. A veritable treatise on the political symbolism of the liberty tree in a republican regime, Grégoire's text offers an occasion for reflections on the spread of revolutions on both sides of the Atlantic. This article focuses on placing this text and the theme of the liberty tree within the body of his writings, both political and scientific; the dialogue with the United States and England outlined in it helps illuminate the challenges of writing an immediate history of the Revolution, here under the auspices of the liberty tree.
    • La rumeur du partage de la France au cœur des représentations de la Pologne dans les discours révolutionnaires et consulaires (1788-1804) - Maxime Delbarre p. 27-52 accès réservé avec résumé avec résumé en anglais
      Les Partages de la Pologne (1772, 1793 et 1795) interpellent de nombreux commentateurs attachés à l'équilibre westphalien qui regrettent une forme contestable de résolution des conflits. La concomitance des périodes révolutionnaires française et polonaise, au début des années 1790, alimente de nombreuses représentations de la Pologne. L'article s'intéresse à la rumeur du partage de la France, objectif supposé d'un complot inspiré par la situation polonaise. Signe de son ambivalence, le référent polonais est mobilisé pour dénoncer les adversaires politiques et susciter la mobilisation, mais aussi pour promouvoir les constitutions républicaines (1791, 1793, 1795) et le régime impérial (1804).
      The Partitions of Poland (1772, 1793, and 1795) have been criticized by many commentators attached to the Westphalian balance of power, who regretted what they perceived as a questionable form of conflict resolution. The coincidence of the Revolutionary periods in France and Poland in the early 1790s produced many representations of Poland. This article examines the rumor of a possible partition of France, the supposed purpose of a conspiracy inspired by contemporary Polish history. As a sign of its ambivalence, the reference to Poland was used to denounce political opponents, and activate mobilization, as well as to promote republican constitutions (1791, 1793, 1795) and the Imperial Regime (1804).
    • Réintégrer sans oublier. L'amnistie d'avril 1802 et le retour des émigrés - Stanislas de Chabalier p. 53-74 accès réservé avec résumé avec résumé en anglais
      En avril 1802, les Français qui ont quitté, ou ne sont parfois que soupçonnés d'avoir quitté leur pays depuis l'année 1789 et les débuts de la Révolution, sont invités à le rejoindre en vertu d'une amnistie prononcée par le Premier Consul. Les biens qu'ils possédaient auparavant ont été saisis et en partie vendus. La question primordiale qui accompagne la réintégration des émigrés est, justement, de savoir comment leur faire accepter la nouvelle situation foncière née de la décennie révolutionnaire sans revenir sur les transactions effectuées depuis lors. Cet article se propose d'interroger les conditions de ces retours et les restitutions partielles qui sont concédées aux personnes qui choisissent de bénéficier de l'amnistie de 1802.
      In April 1802, French citizens who had emigrated, or those merely suspected of having left the country illegally since 1789, were invited to return under an amnesty issued by the First Consul. The property they held previously had been seized and partially sold.  The central question, then, for the reinstatement of the emigrants was to know how to accept the new land ownership arrangements, a consequence of the Revolutionary decade without reversing the transactions since then. This article examines the conditions of these returning emigres and the partial restitutions granted to those who chose to benefit from the 1802 amnesty.
    • De « prétendus émigrés » ? Les officiers Sardes et la radiation de la liste des émigrés du département du Mont-Blanc (1792-1802) - Théo Empereur-Mot p. 75-100 accès réservé avec résumé avec résumé en anglais
      Le 22 septembre 1792, les troupes françaises envahissent le duché de Savoie qui devient le département du Mont-Blanc. Les officiers savoyards du roi sarde, partis pour défendre le royaume par loyauté, finissent par être inscrits sur la liste des émigrés sans jamais avoir été français. Commence alors une lutte pour démontrer l'illégalité de cette décision et pour être radiés de cette liste dans l'espoir de retrouver la jouissance de leurs biens confisqués. Cependant, la succession des régimes, de 1792 à 1802, provoque d'importantes difficultés juridiques et politiques qui s'achèvent par l'amnistie aux émigrés décrétée par Bonaparte le 6 floréal an X. Entre-temps, les officiers sardes, étudiés à partir des dossiers individuels de radiation, conservés aux Archives nationales, s'adaptent aux vents changeants des mesures contre les émigrés et s'efforcent d'obtenir un acte de justice qui devient une faveur difficile à obtenir.
      On September 22, 1792, French troops invaded the Duchy of Savoy, which became the department of Mont-Blanc. The Savoyard officers of the Sardinian king, who had left to defend the kingdom out of a sense of loyalty, ended up by being included on the list of émigrés, though they had never been French. Disputes arose over the alleged illegality of this decision, together with efforts to have these officer's names removed from the emigre lists to recover the use of their confiscated properties. The succession of regimes from 1792 to 1802, however, had created significant legal and political complications, which largely ended with Bonaparte's amnesty for the émigrés on 6 Floréal, Year X. The personal files of these Sardinian officers preserved in the French National Archives reveal their struggles to adapt to ever-changing political currents against the emigres, and attest to their challenges to secure a favorable legal decision far from easy to obtain.
    • Comment vivent les réfugiés sous Napoléon ? Le cas des Italiens en France : conditions d'accueil et stratégies professionnelles - Paolo Conte p. 101-126 accès réservé avec résumé avec résumé en anglais
      Le séjour en France des exilés italiens ayant fui leurs pays en 1799 ne s'achève pas nécessairement avec le retour des armées républicaines dans la péninsule en 1800. Plusieurs d'entre eux décident en effet de le prolonger, en restant à Paris ou dans les grandes villes méridionales, afin de profiter des opportunités que cette « patrie d'adoption » peut leur offrir. Ainsi, tant par leur travail dans les écoles, les hôpitaux et l'administration, que par leurs initiatives commerciales et culturelles, ces Italiens parviennent à se faire une place dans la France napoléonienne. Cet article enquête sur les modalités de gestion mises en place par les institutions consulaires et impériales face à ces étrangers politiquement engagés, autant que sur l'évolution de leurs stratégies professionnelles. Dans un premier temps sera examinée la politique d'aides consentie par l'État via la Commission des secours pour les Italiens réfugiés entre novembre 1799 et mars 1801. Dans un second point, il s'agira d'analyser la façon dont ces exilés cherchent à mettre à profit leurs compétences plurielles pour s'assurer des moyens de subsistance, quitte à se reconvertir professionnellement. Ce faisant, il s'agit de mieux saisir la manière dont l'exil politique se transforme progressivement en un processus d'intégration sociale.
      The residence in France of Italian exiles who fled their country in 1799 did not necessarily end with the return of the Republican armies to the peninsula in 1800. Many of them decided to extend their stay, remaining in Paris or in the major cities in the South to take advantage of the opportunities their “adopted homeland” had to offer. Thus, through their work in schools, hospitals, and government, as well as with their commercial and cultural initiatives, these Italians managed to create a place for themselves in Napoleonic France. This article examines the management methods established by the Consulate and Imperial institutions in response to these politically active foreigners, as well as the evolution of their professional strategies. First, this article examines the aid policy granted by the State through the Relief Commission for Italian refugees between November 1799 and March 1801. Then the article analyzes how these exiles sought to use their diverse skills to secure their livelihoods, even if it entailed changing careers. Such investigations afford a fuller understanding of how the condition of political exile was gradually transformed into a process of social integration.
    • Combattre le royalisme et l'« extrême centre » directorial : les néojacobins de la Vienne (septembre 1797-novembre 1799) - Bastien Dallet p. 127-150 accès réservé avec résumé avec résumé en anglais
      Dans la Vienne comme ailleurs, la période de l'union républicaine (septembre 1797-février 1798) permet au courant néojacobin de s'organiser. Une sociabilité politique jacobine renaît à l'automne 1797 en s'incarnant localement dans quelques « cercles constitutionnels républicains » (Poitiers, Mirebeau, L'Isle-Jourdain). Les démocrates déploient leur propagande en vue de remporter les élections de l'an VI et enregistrent de nombreux succès au sein des classes populaires. Le cercle de Poitiers en particulier, par une campagne de dénonciations soutenue, s'efforce de mener à son terme la « fructidorisation » des autorités constituées en dénonçant inlassablement le laxisme présumé de l'administration départementale, qui fait fermer les cercles constitutionnels à quelques semaines des élections. En l'an VI, les assemblées primaires sont le théâtre de nombreux affrontements, parfois violents, entre royalistes et républicains-démocrates. L'assemblée électorale, qui aurait dû être remportée par ces derniers, est scissionnée par les directoriaux. La journée du 22 floréal an VI qui valide l'opération des scissionnaires, porte un coup particulièrement dur au mouvement néojacobin local. Sans organe de presse propre ni sociétés politiques, leur campagne pour les élections de l'an VII paraît quasi nulle, et celles-ci sont largement remportées par les directoriaux. Après un dernier soubresaut à l'été 1799, le 18 brumaire leur porte le coup de grâce.
      In the department of the Vienne, as elsewhere in France, the period of the Republican Union (September 1797-February 1798) enabled the neo-Jacobin movement to organize. Jacobin political sociability was reborn in the Fall of 1797, taking shape locally in a few “Republican Constitutional Circles” (in Poitiers, Mirebeau, L'Isle-Jourdain). The democrats used propaganda to win the elections of the Year VI, enjoying considerable success among the working classes. The Poitiers circle, in particular, through a sustained campaign of denunciation, sought to bring about the “Fructidorization” of the constituted authorities by tirelessly denouncing the alleged negligence of the departmental administration, that had closed the Constitutional Circles only a few weeks before the elections. In the Year VI, the primary assemblies witnessed numerous, sometimes violent, clashes between royalists and republican-democrats. The electoral assembly, which should have been won by the latter, found itself divided by the Directorials. The Journee of 22 Floréal Year VI, which validated the operation of the “scission” groups, dealt a severe blow to the local neo-Jacobin movement. Without their own press or political societies, their campaign for the elections of Year VII was virtually non-existent, and largely won by the Directorials. After a final surge in the summer of 1799, the coup d'etat of 18 Brumaire delivered a final blow.
    • Enquêter et saisir : perquisitions et pièces à conviction dans les enquêtes de police à Caen pendant la Révolution (1791-1799) - Félix Brêteau p. 151-172 accès réservé avec résumé avec résumé en anglais
      Comment les preuves matérielles servent-elles à construire la vérité judiciaire ? Au cours de la Révolution française, la loi encadre de plus en plus le droit de perquisition et la saisie de pièces à conviction lors des enquêtes policières. Si les officiers de police judiciaire, en particulier les juges de paix, dirigent les perquisitions, d'autres acteurs s'agrègent autour d'eux, qu'ils soient officiels, comme la garde nationale, ou officieux, comme les clubs politiques. Les objets saisis par les policiers deviennent des preuves légales érigées en pièces à conviction. Celles-ci circulent entre le monde policier, judiciaire, mais aussi civil, puisque les citoyens de Caen sont associés à leur conservation. Enfin, les saisies doivent être authentifiées, certifiées et archivées, ce qui montre la trajectoire et la construction de ces preuves. Les pièces à conviction servent alors à la police et à la justice pour construire la vérité judiciaire, bien que leur force probatoire reste limitée.
      How does material evidence help establish legal truth? During the French Revolution, the law increasingly regulated the right of search and seizure of evidence during police investigations. While judicial police officers, particularly justices of the peace, conducted these searches, other persons, too, could be affiliated with them, whether officially, such as members of the National Guard, or unofficially, including members of political clubs. The objects seized by the police constituted legal evidence. This evidence circulated among the police, the judiciary, and in addition the civilian population, since the citizens of Caen could be involved in gathering and safeguarding this material. Finally, seizures were to be authenticated, certified, and archived, illustrating the procedures and construction of this evidence. The exhibits were then used by the police and the judiciary to construct judicial truth, though their probative value remained limited.
    • La mission du duc de Lauzun à Londres. Une correspondance inédite de Talleyrand en 1786-1787 - Charles-Éloi Vial p. 173-194 accès réservé avec résumé avec résumé en anglais
      Le présent article se propose d'étudier une correspondance inédite de Talleyrand, récemment découverte aux Archives nationales. Rédigées en 1786-1787, ces lettres évoquent une mission menée pour le compte de Calonne à Londres par le duc de Lauzun, parti observer les réactions de l'opinion anglaise au moment de l'entrée en vigueur de l'accord commercial franco-britannique de 1786. Les échanges évoquent également l'Affaire du collier, mais aussi le rôle de Talleyrand auprès de Calonne au moment de l'Assemblée des Notables. Par la variété des sujets abordés, cette correspondance constitue un intéressant exemple de diplomatie parallèle à la fin de l'Ancien Régime, tout en révélant un nouvel épisode de l'apprentissage politique de Talleyrand.
      This article examines unpublished correspondence of Talleyrand recently discovered in the National Archives. Written between 1786-1787, these letters cover a mission undertaken on behalf of Calonne in London by the Duke of Lauzun sent to observe the reactions in English public opinion at the time of the Franco-British commercial agreement. This correspondence also deals with the Diamond Necklace Affair, and Talleyrand's role with Calonne during the Assembly of Notables. By the sheer variety of subjects contained in this correspondence, it constitutes a fascinating instance of parallel diplomacy at the end of the Old Regime, all the while revealing a new episode in the political apprenticeship of Talleyrand.
  • Hommage

  • Regards croisés

  • Actualités de la recherche

  • Positions de thèse

  • Pages de fin - p. 295-305 accès libre