Contenu du sommaire : DJASE 2024 : 2025 Concepts, savoirs et pratiques en addictologie

Revue Psychotropes : Revue internationale des toxicomanies et des addictions Mir@bel
Numéro vol 31, 2025/2-3
Titre du numéro DJASE 2024 : 2025 Concepts, savoirs et pratiques en addictologie
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  • Éditorial - Pierre Poloméni, Benjamin Rolland p. 5-9 accès réservé
  • Cas complexe et tabac - Aslem Kheireddine, Pierre-Boris Mathern, Phuc Nguyen p. 11-22 accès réservé avec résumé avec résumé en anglais
    En tabacologie, le cas complexe peut revêtir plusieurs formes et dans différentes spécialités, avec une nomenclature officielle inexistante. En psychiatrie, notamment chez le patient atteint de schizophrénie, on note l'importance des interactions entre les traitements médicamenteux, le tabagisme et l'état clinique. Devant un échec d'objectif de sevrage tabagique, l'alternative sera d'opter pour une réduction des risques et des dommages. Face à cette complexité multifactorielle, l'approche motivationnelle et l'alliance patient/soignant restent des éléments phares de la prise en charge. Le cas clinique présenté illustre l'interaction qu'il peut y avoir entre le sevrage tabagique et le traitement médicamenteux d'un patient sous Clozapine, il rappelle la nécessité d'une surveillance régulière clinique et pharmacologique liée au cytochrome p450.
    In addictology, complex cases can take various forms across different specialties, with no official nomenclature to define them. In psychiatry, particularly among schizophrenic patients, the interactions between medication-based treatments, tobacco use, and clinical status are significant. When failing to achieve smoking cessation goals, the alternative approach is to opt for risk and harm reduction. Given this multifactorial complexity, motivational approaches and the patient/caregiver alliance remain key elements in treatment management. The presented clinical case illustrates the interaction that can take place between smoking cessation and medication-based treatment for a patient on clozapine, reminding us of the necessity for regular clinical and pharmacological monitoring related to cytochrome P450.
  • Les addictions du sujet âgé… À travers ce qu'elles ne sont pas Addiction in older adults… Making progress by defining what they are not - Pascal Menecier, Jean-Michel Dorey p. 23-40 accès réservé avec résumé avec résumé en anglais
    À côté de possibles conduites addictives de sujets âgés, de définitions et délimitations parfois malaisées, apparaissent des comportements d'allures addictives, des pseudo-addictions, des conduites non addictives et des non-addictions (diagnostics différentiels), qu'il est nécessaire de distinguer. Quand les addictions du sujet âgé sont souvent paucisymptomatiques ou de présentation clinique atypique, les aborder par ce qu'elles ne sont pas est une démarche alternative afin de garder rigueur et précision dans leur approche et élaboration diagnostique. Alors seulement, il devient possible de promouvoir et développer leur repérage, leur évaluation clinique, et surtout leurs accès à des offres de soins.
    Alongside possible addictive behaviors among older adults, which are sometimes difficult to define and delimit, it is necessary to distinguish between addictive behaviors, pseudoaddictions, non-addictive behaviors, and non-addictions (differential diagnoses). Given that the addictions of older adults are often paucisymptomatic or of atypical clinical presentation, approaching them according to what they are not is an alternative way to maintain rigor and precision in the clinical approach and diagnostic method. Only then does it become possible to make progress with regard to identification, clinical evaluation, and above all access to care.
  • De nouveaux métiers en addictologie : exemple des patients experts - Nathalie Enjolras p. 41-60 accès réservé avec résumé avec résumé en anglais
    Les Patients Experts en Addictologie enrichissent la prise en charge des addictions par leur savoir expérientiel, offrant une approche empathique et personnalisée du rétablissement. Leur rôle s'étend au soutien clinique, à la réinsertion médico-sociale, à la prévention, à la formation des professionnels et à la recherche. Les formations spécifiques, alliant expérience vécue et compétences techniques, facilitent leur intégration dans les équipes soignantes. Cependant, des enjeux subsistent concernant la confidentialité, les limites statutaires et la rémunération. Bien que leur impact positif soit reconnu, des recherches supplémentaires sont nécessaires, pour renforcer les résultats déjà observés.
    Peer support specialists enhance addiction treatment through their lived experience, providing an empathic and individualized approach to recovery. Their responsibilities encompass clinical assistance, psychosocial reintegration, prevention, professional training, and research. Specific training, integrating experiential knowledge with technical skills, ensures their seamless incorporation into health care teams. Nonetheless, challenges persist regarding confidentiality, role boundaries, and salaries. While the beneficial impact of peer support specialists is acknowledged, additional research is necessary to substantiate existing findings.
  • Addiction à la pornographie - Yasser Khazaal, Farah Ben Brahim, Robert Courtois, Germano Vera Cruz p. 61-72 accès réservé avec résumé avec résumé en anglais
    L'usage de la pornographie peut s'associer chez une petite proportion des personnes à une priorisation de l'usage, à une perte de contrôle et à des conséquences fonctionnelles négatives. Ces observations alimentent des préoccupations quant au risque d'une possible addiction à la pornographie. Bien que le champ de recherche demeure en évolution, certaines variables semblent prédire la sévérité de cette addiction, telles que le craving, l'usage de la pornographie pour la régulation émotionnelle, l'attachement insécure et l'incongruence morale. L'émergence de nouvelles formes de pornographie, comme les jeux interactifs et la réalité virtuelle, pourrait modifier les dynamiques d'usage et nécessiter des études approfondies pour mieux comprendre leur potentiel impact en termes d'addiction ainsi que sur la santé mentale et le bien-être sexuel.
    For a small proportion of people, pornography use may be associated with prioritization, loss of control, and negative functional consequences. These observations are fueling concerns about the risk of a possible addiction to pornography. Although the field of research is still evolving, certain variables seem to predict the severity of this addiction, such as craving, the use of pornography for emotional regulation, insecure attachment, and moral incongruence. The emergence of new forms of pornography, such as interactive games and virtual reality, could modify the dynamics of use and require in-depth studies to better understand their potential impact in terms of addiction, mental health, and sexual well-being.
  • Cocaïne, un raz-de-marée… caché ? - Nina Tissot, Anthony Plasse p. 73-95 accès réservé avec résumé avec résumé en anglais
    L'article décrit une hausse spectaculaire de la production, du trafic et de la consommation de cocaïne. La production mondiale, surtout concentrée en Colombie, a triplé en dix ans, et l'Europe est désormais le premier marché mondial. En France, des saisies en forte hausse sont constatées. Les auteurs livrent des statistiques d'usage en population générale, et remarquent que la diffusion est à la fois visible et invisible. Si la majorité de la population n'a jamais touché à la cocaïne, la médiatisation du phénomène par la presse et les institutions donne une impression de généralisation. Certains secteurs (forces de l'ordre, médico-social) sont fortement exposés et nourrissent cette perception. Dans les prises en charge des CAARUD et CSAPA, la cocaïne est devenue omniprésente, y compris chez des usagers précaires ou anciennement consommateurs d'autres drogues (opiacés notamment). Les pratiques évoluent, avec notamment une hausse des usages par voie fumée (crack ou cocaïne basée). Concernant les modes de vente et du marketing, ceux-ci évoluent également. Le deal par livraison via applis cryptées (Telegram, Snapchat, etc.) facilite l'accès à la cocaïne. Les doses sont plus petites et moins chères, parfois vendues dès 10 ou 20 euros, rendant le produit accessible aux publics les plus modestes. Un marketing poussé (noms commerciaux, promotions, packaging attractif) renforce cette dynamique.
    This article describes a spectacular rise in cocaine production, trafficking, and consumption. Global production, concentrated mainly in Colombia, has tripled in ten years, and Europe is now the world's leading market. In France, seizures have risen sharply. The authors provide statistics on drug use in the general population, noting that the spread of the drug is both visible and invisible. While most people have never tried cocaine, the attention drawn to the phenomenon by the press and institutions gives an impression of widespread use. Certain sectors (law enforcement, medical and social services) are highly impacted and fuel this perception. Cocaine use has become ubiquitous among those receiving treatment from CAARUDs (Risk-Reduction Centers for Drug Users) and CSAPAs (Addictology Treatment, Support, and Prevention Centers), including vulnerable users and former users of other drugs (opiates in particular). Practices are changing, with an increase in use through smoking (crack or base cocaine). Sales and marketing methods are also changing. Dealing by delivery via encrypted apps (Telegram, Snapchat, etc.) is making cocaine more accessible. Doses are smaller and cheaper, sometimes selling for as little as €10 or €20, making the product accessible to the lowest income groups. Extensive marketing (e.g., trade names, promotions, attractive packaging) reinforces this dynamic.
  • Exploration des déterminants bio-psycho-sociaux des niveaux de sévérité du trouble de l'usage d'opioïdes : la cohorte BEBOP - Laurence Lalanne, Pierre-Éric Lutz, Alba Caparros-Roissard, Gauthier Waeckerle, Camille Scherer, Mireille Lebreton, Martin Audran, Ismahane Merah, Mathieu Chappuy, Elisabeth Avril, Victor Detrez, Jamel Lazic, Benjamin Rolland, Marie Jauffret-Roustide p. 97-111 accès réservé avec résumé avec résumé en anglais
    Au cours des dernières décennies, il a été montré que le trouble de l'usage d'opioïdes (TUO) résultait des effets combinés de nombreux facteurs, notamment psychosociaux et neurobiologiques. Cette pluralité s'incarne dans un cadre théorique global : le modèle biopsychosocial de l'addiction. Si l'impact de chaque facteur sur la sévérité du TUO a été bien identifié, leur action combinée n'est pas connue. Dans ce contexte, le projet multidisciplinaire BEBOP s'appuie sur une collaboration entre psychiatres, sociologues et neuro-épigénéticiens. Son objectif principal est de caractériser la sévérité des facteurs psychiatriques et sociaux du TUO dans une cohorte de patients, dans le but de couvrir tout le spectre de la sévérité du trouble. Les objectifs secondaires sont, premièrement, d'établir une corrélation entre le niveau de sévérité psychosociale et les biomarqueurs épigénétiques pour comprendre les déterminants de la sévérité du TUO, et, deuxièmement, de déterminer si les biomarqueurs épigénétiques peuvent être prédicteurs de l'évolution de la sévérité du TUO. In fine, les résultats de BEBOP permettront d'adapter la prise en charge en fonction de la sévérité du trouble. Ils permettront également de poursuivre l'évaluation des Haltes Soins Addictions en France.
    Over the last decades, it has been demonstrated that opioid use disorder (OUD) results from the combined effects of many factors, including those of a psychosocial and neurobiological nature. This plurality is embodied in a comprehensive theoretical framework: the biopsychosocial model of addiction. While the impact of each factor on the severity of OUD has been well identified, their combined effect is unknown. In this context, the BEBOP project is based on a collaboration between psychiatrists, sociologists, and neuroepigeneticists. The primary objective is to characterize the severity of the psychosocial factors of OUD in a cohort of patients, with the aim of covering the full spectrum of the disorder's severity. The secondary objectives are, first, to establish a correlation between the level of psychosocial severity and epigenetic biomarkers in order to understand the determinants of OUD severity, and, second, to determine whether epigenetic biomarkers can be predictive of OUD outcomes. Ultimately, the results of the BEBOP project will make it possible to tailor OUD treatment based on its severity.
  • Chemsex : une inquiétante évolution de la pratique - Hélène Donnadieu p. 113-117 accès réservé avec résumé avec résumé en anglais
    Dans cet article, l'autrice fait un point actualisé sur la question du chemsex. Après une définition du phénomène, elle décrit la population concernée, l'évolution de la pratique, ses risques, les facteurs de vulnérabilité, et elle revient sur la nécessité d'une prise en charge globale, adaptée et non jugeante, impliquant un réseau pluriprofessionnel et communautaire. Il est essentiel de reconnaître la spécificité de cette pratique mêlant addiction, sexualité, identité et stigmatisation.
    In this article, the author provides an update on the issue of chemsex. After defining the phenomenon, she describes the population concerned, the development of the practice, its risks, and vulnerability factors. She also underlines the need for care to be comprehensive, appropriate, and nonjudgmental, involving a network of medical, social, and community professionals. It is essential to recognize the specific nature of this practice, which combines issues of addiction, sexuality, identity, and stigmatization.
  • Le parcours de soins chemsex au Checkpoint Paris, centre de santé sexuelle d'approche communautaire - Iris Bichard, Maxime Odoul, Nicolas Derche p. 119-125 accès réservé avec résumé avec résumé en anglais
    Le Checkpoint Paris propose une offre de santé accessible et complète pour les personnes LGBTQIA+ et les travailleuses du sexe. Ce centre met en place un parcours de soins coordonné, incluant des consultations spécialisées en santé sexuelle, addictologie, sexologie, santé mentale et réduction des risques pour les personnes pratiquant le chemsex. En 2023, 524 personnes ont été prises en charge, principalement des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, consommant des cathinones et du GHB/GBL. Le parcours de soins inclut des consultations de RDR et de suivi pour les complications liées à l'injection. Une attention particulière est donnée à la formation des professionnels de santé et au soutien des personnes trans, racisées et travailleuses du sexe. Les axes d'amélioration incluent une meilleure identification des comportements à risque et des stratégies individualisées.
    Checkpoint Paris offers accessible and comprehensive health care services for LGBTQIA+ individuals and sex workers. The center provides a coordinated care pathway, including specialized consultations regarding sexual health, addiction, sexology, mental health, and harm reduction for individuals engaging in chemsex. In 2023, 524 individuals were cared for, primarily men who have sex with men using cathinones and GHB/GBL. The care pathway includes harm reduction consultations and follow-up care for injection-related complications. Special attention is given to training health care professionals and supporting trans persons, racialized individuals, and sex workers. Areas for improvement include better identification of at-risk behaviors and individualized strategies.
  • Naloxone : l'antidote qui sauve des vies : Histoire, impact et déploiement des programmes à travers le monde - Mathieu Chapuy, Elisabeth Frauger p. 127-143 accès réservé avec résumé avec résumé en anglais
    La naloxone est l'antidote des surdoses des opioïdes connu et est utilisée partout dans le monde depuis les années 1970. Compte tenu de son efficacité, de son excellent profil de sécurité et du nombre croissant de décès par surdose, des formes prêtes à l'emploi (THN pour Take Home Naloxone) ont été mises au point pour que les usagers ou leur entourage puissent sauver des vies. Cet article vise à rappeler l'historique du développement des formes prêtes à l'emploi de naloxone et pourquoi et comment sont nés les programmes naloxone au niveau international.
    Naloxone is the antidote for opioid overdoses, widely known and used across the world since the 1970s. Given its effectiveness, excellent safety profile, and the rising number of overdose-related deaths, ready-to-use forms (take-home naloxone or THN) have been developed, enabling users or their loved ones to save lives. The aim of this article is to describe the history of the development of THN and to explain why and how naloxone programs were created internationally.
  • Naloxone en France : prévention des surdoses d'opioïdes grâce à des programmes innovants - Elisabeth Frauger, Mathieu Chappuy p. 145-167 accès réservé avec résumé avec résumé en anglais
    En France, d'après les dispositifs de pharmacosurveillance DRAMES et DTA, la majorité des décès sont liés à un opioïde. La naloxone, antidote spécifique des surdoses des opioïdes, est utilisée en milieu médical depuis les années 1970. Depuis 2016, des formes de naloxone prêtes à l'emploi sont disponibles. Actuellement, l'usage de la naloxone prête à l'emploi reste sous-utilisé pour plusieurs raisons (méconnaissance de la naloxone prête à l'emploi par certains professionnels et usagers, contraintes réglementaires, stigmatisation, méconnaissance des risques…). Dans ce contexte, il est important d'accompagner les professionnels à mettre en place des programmes naloxone pour sensibiliser les usagers et de leur entourage au risque de surdose lié aux opioïdes et au bon usage de la naloxone. Cet article décrit tout d'abord les différentes formes de naloxone prête à l'emploi disponibles en France puis présente aux professionnels du champ addictologique comment structurer un programme naloxone. Pour illustrer ces propos, les actions du programme POP « Prévention et réduction des risques des surdoses liées aux Opioïdes en région PACA » seront détaillées.
    In France, according to the DRAMES and DTA pharmaco-surveillance systems, the majority of drug-related deaths involve opioids. Naloxone, the antidote for opioid overdoses, has been used in medical settings since the 1970s. Since 2016, take-home naloxone (THN) has been available. Naloxone remains underutilized for several reasons, including lack of awareness about naloxone among certain professionals and users, limited access, stigma, and ignorance about overdose risks. In this context, it is important to support professionals in setting up naloxone programs to raise awareness among users and their support networks about overdose risks and the proper use of naloxone. This article first describes the different forms of THN in France and then offers guidance to addiction professionals in how to structure such programs. To illustrate this, the actions of the POP program (Prevention and risk reduction of opioid-related overdoses in the PACA region) are described in detail.
  • Panorama international des Salles de Consommation à Moindre Risque - Bernard Bertrand p. 169-179 accès réservé avec résumé avec résumé en anglais
    Les Salles de Consommation à Moindre Risque (SCMR) sont des espaces de réduction des risques où les usagers de drogues peuvent consommer sous supervision de professionnels de santé, du secteur social ainsi que, dans certaines SCMR, de pairs-intervenants. Nées dans les années 1980, elles visent à prévenir les surdoses et les infections, tout en favorisant ­­l'accès aux soins et à divers services médico-psycho-sociaux. Elles contribuent également à ­­l'amélioration de la tranquillité et de la sécurité dans ­­l'espace public. Il existe plus de 200 SCMR, principalement en Europe et Amérique du Nord. On distingue quatre modèles : fixes, intégrées dans des réseaux de soins, mobiles et sites de prévention des surdoses gérés par des pairs. Les SCMR ont démontré leur efficacité dans la prévention des surdoses mortelles, tout en réduisant les coûts pour les systèmes de santé publique et en diminuant les nuisances publiques. Malgré leur succès, la France reste en retard avec seulement deux SCMR opérationnelles depuis 2016. Cette situation soulève des interrogations sur ­­l'engagement politique en matière de réduction des risques.
    Drug consumption rooms (DCRs) are harm reduction facilities where drug users can consume drugs under the supervision of health professionals, social service professionals and, in some cases, peer workers. Created in the 1980s, they aim to prevent overdoses and infections, while promoting access to care and various medico-psycho-social services. They also contribute to improving order and security in public spaces. There are over two hundred DCRs, mainly in Europe and North America. Four different models exist: fixed, care-network integrated, mobile, and peer-run. DCRs have demonstrated their effectiveness in preventing fatal overdoses, while lowering costs for public health systems and reducing public nuisance. Despite their success, France is still lagging behind, with only two DCRs in operation since 2016. This raises questions about the political commitment to harm reduction.
  • Des SSR addictologie aux SMR conduites addictives : objectifs et enjeux ­­d'une réforme - Emmanuel Pierantoni p. 181-197 accès réservé avec résumé avec résumé en anglais
    La création des Soins Médicaux et de Réadaptation conduites addictives (SMR-A) en 2022 ­­s'inscrit dans la longue histoire des lieux de soins et ­­d'accueil pour les troubles de ­­l'usage. La réforme de 2008, à ­­l'origine des Suites de Soins et de Réadaptation addictologique (SSR-A), reconnaissait aux unités de soins existantes la mention de spécialisation pour la prise en charge de ­­l'ensemble des troubles de ­­l'usage. La réforme de 2022 réaffirme cet objectif et va plus loin en les incitant à diversifier leur offre de réadaptation, tout en les recentrant sur leur cœur de mission sanitaire. Certains SMR-A seront identifiés pour devenir des centres experts pour la prise en charge des troubles cognitifs liés aux addictions. Optionnelle jusqu'alors, la création de secteurs ­­d'hospitalisation à temps partiel devient une obligation pour ­­l'ensemble des SMR-A. En parallèle, la réforme du financement des SMR, qui introduit désormais une large part de valorisation au séjour, va obliger certains établissements à réviser leur modèle de fonctionnement.
    The creation of Soins Médicaux et de Réadaptation conduites addictives (SMR-A) (Medical Care and Rehabilitation for Addictive Behaviors) treatment centers in 2022 is part of the long history of care and support facilities for people with substance use disorders. The 2008 reform, which led to the creation of Soins de Suite et de Réadaptation addictologique (SSR-A) (Subacute and Rehabilitation Care Facilities for Addiction), gave existing care units the right to specialize in the treatment of all substance use disorders. The 2022 reform reaffirms this objective and goes further by encouraging them to diversify their rehabilitation services, while refocusing on their core health mission. Certain SMR-As will be chosen to become expert centers for the treatment of addiction-related cognitive disorders. The creation of partial hospitalization programs, which was previously optional, will now be mandatory for all SMR-As. At the same time, the reform of SMR funding, which has led to the introduction of stay-based charges, will force some establishments to revise their operating model.
  • L'entretien motivationnel, un levier relationnel pour faciliter le changement - Manon Gaillard, Pascal Gache p. 199-215 accès réservé avec résumé avec résumé en anglais
    Cet article explore comment l'entretien motivationnel (EM) peut être un levier puissant dans l'accompagnement d'une patiente consommatrice de cannabis. L'esprit de l'EM et ses compétences fondamentales (écoute réflective, valorisation, questions ouvertes, résumés et repérage du discours-changement) favorisent une prise de conscience des motivations personnelles et renforce l'engagement vers une réduction ou un arrêt de la consommation. Des exemples de dialogue illustreront concrètement ces mécanismes et leur impact dans le parcours de soin.
    This article explores how motivational interviewing (MI) can be a powerful tool in supporting patients who use cannabis. The ethos of MI and its core skills (reflective listening, affirmation, asking open-ended questions, summaries, and identifying change talk) promote an awareness of personal motivations and strengthen commitment to reducing or quitting consumption. The article gives examples of dialogue to concretely illustrate these mechanisms and their impact on the care process.