Contenu du sommaire : Invisibilité et vitalité de la justice sociale au Chili

Revue Cahiers des Amériques Latines Mir@bel
Numéro no 107, 2025
Titre du numéro Invisibilité et vitalité de la justice sociale au Chili
Texte intégral en ligne Accessible sur l'internet
  • Chronique

  • Dossier - Invisibilité et vitalité de la justice sociale au Chili

    • Introduction - Invisibilité et vitalité de la justice sociale au Chili - Emmanuelle Barozet, Ivan Sainsaulieu accès libre
    • De la desigualdad a la injusticia: cómo se perciben y juzgan las desigualdades en Chile - Oscar Mac-Clure accès libre avec résumé avec résumé en anglais
      Nous examinons le problème de la relation entre la perception des inégalités et l'évaluation de l'injustice au sein de la population chilienne. Nous analysons quelles inégalités sont jugées, dans quelle mesure les gens adhèrent à la méritocratie ou à d'autres principes de justice, et comment cela dépend de la position sociale des individus. Nous examinons ces aspects à travers une méta-revue d'études menées sur ces sujets, dans le cadre d'un programme de recherche où nous avons mis l'accent sur les représentations subjectives des inégalités. À partir de méthodes mixtes, nous montrons que les inégalités ne sont pas toujours évaluées comme des injustices, bien que dans des domaines tels que les inégalités de revenus, les représentations de l'injustice prédominent.
      We examine the problem of the relation between the perception of inequalities and the evaluation of injustice in the Chilean population. We analyze which inequalities are judged, to what extent people adhere to meritocracy or other principles of justice, and how this depends on the social position of individuals. We examine these aspects based on a meta-review of studies conducted on these topics, within the framework of a research program in which we have emphasized subjective representations of inequalities. Starting with mixed methods, we show that inequalities are not always or completely evaluated as injustices, although in areas such as income inequalities, representations of injustice predominate.
    • Las luchas feministas por la justicia social en Chile. Un análisis del Proceso Constitucional de 2021-2022 - Kimberly Seguel, Hillary Hiner accès libre avec résumé avec résumé en anglais
      Le mouvement féministe au Chili a toujours été une force de transformation sociale. Il a également joué un rôle clé lors du soulèvement social de 2019 et dans le processus de la Convention constitutionnelle de 2021. Cet article examine de quelle manière la justice sociale féministe a élargi les débats constitutionnels au-delà des cadres traditionnels, en intégrant la lutte contre le patriarcat, le racisme et le néolibéralisme. Cette mobilisation féministe n'a pas seulement promu des changements normatifs, mais a également remis en question les discours dominants dans le débat public. À travers la lutte pour la parité, les droits sexuels et reproductifs, le droit à une vie libre de violences et l'adoption d'une perspective féministe sur les droits sociaux, les féministes ont proposé un modèle de justice plus large.
      The Feminist Movement in Chile has historically been a force for social transformation. It was also a key actor in the 2019 Social Outburst and the 2021 Constitutional Convention. This article examines how feminist social justice expanded constitutional debates beyond traditional frameworks, incorporating the struggle against patriarchy, racism, and neoliberalism. It not only promoted normative changes but also challenged dominant discourses in public debate. Through the fight for gender parity, sexual and reproductive rights, freedom from violence, and a feminist perspective on social rights, feminists proposed a broader model of justice.
    • Les fluctuations des modèles de justice sociale des gauches au Chili, entre demandes de garantie des droits et exercice du pouvoir (1990-2025) - Emmanuelle Barozet accès libre avec résumé avec résumé en anglais
      Le texte décrit l'évolution des conceptions de la justice sociale au Chili depuis la transition démocratique. Jusqu'aux années 2000, elle était centrée sur la croissance économique et la lutte contre la pauvreté. À partir des années 2010, face à l'essoufflement du modèle économique, des mouvements sociaux ont imposé une nouvelle conception fondée sur la repolitisation des inégalités économiques et l'exigence de droits sociaux universels. La pandémie de Covid-19 a ensuite fragilisé ce nouveau consensus en ravivant la crise et l'insécurité. L'article examine la manière dont les gauches partisanes et extra partisanes ont répondu à ces exigences de justice sociale et les défis rencontrés, en se concentrant sur trois aspects : la formulation des droits sociaux, l'application des programmes politiques et la réception de ces politiques par la société chilienne. L'analyse repose sur des projets récents incluant près de deux-cents entretiens avec divers acteurs politiques et sociaux.
      The article describes the evolution of the concepts of social justice in Chile since the democratic transition. Until the 2000s, the focus was on economic growth and the fight against poverty. From the 2010s onwards, faced with the economic model running out of steam, social movements imposed a new concept based on the repoliticisation of economic inequalities and the demand for universal social rights. The Covid-19 pandemic then undermined this new consensus by rekindling crisis and insecurity. This article examines how the partisan and extra-partisan lefts responded to these demands for social justice and the challenges they faced, focusing on three aspects: the formulation of social rights, the implementation of political programmes and the reception of these policies by Chilean society. The analysis is based on recent projects involving almost two hundred interviews with various political and social actors.
    • Entre défense des services publics et culte du travail : la déclinaison des représentations et des stratégies des travailleurs hospitaliers de Santiago - Anne Vega, Silvia Rochet accès libre avec résumé avec résumé en anglais
      Au sein d'une société marquée par un héritage néolibéral en matière de santé – tant au niveau de la prise en charge que des régimes d'assurance –, quelles sont les représentations partagées du système public, et, à l'inverse, celles qui s'imposent en fonction de la position sociale et des moyens d'agir dont disposent les individus ? L'analyse compréhensive d'une trentaine d'entretiens semi-directifs menés auprès de professionnels de santé d'un hôpital public de la capitale permet de témoigner des conflits subjectifs inhérents à la mise en œuvre d'une démocratie fondée sur le mérite individuel, qui contrastent avec les revendications en termes de justice sociale. Malgré une critique partagée de l'individualisme et la défense d'une forte culture de la santé publique par une grande part des enquêtés, la banalisation du démantèlement des établissements publics au profit du secteur privé restreint significativement les stratégies possibles pour préserver sa santé et celle de ses proches.
      In a society marked by a neoliberal heritage in terms of health care–both in terms of medical management and insurance schemes–what are the shared perceptions in the public system, and conversely, what perceptions prevail, depending on social position and capacity to act at one's level? A comprehensive analysis of some thirty semi-structured interviews with healthcare professionals at a public hospital in the capital reveals the subjective conflicts inherent in the implementation of a democracy based on individual merit, which contrast with demands for social justice. Despite widespread criticism of individualism and the defence of a strong public health culture by a large proportion of respondents, the trivialisation of the dismantling of public institutions in favour of the private sector significantly limits the strategies available to preserve one's own health and that of one's loved ones.
    • Las fluctuaciones de los modelos de justicia social de la izquierda chilena, entre las demandas de garantía de derechos y el ejercicio del poder (1990-2025) - Emmanuelle Barozet accès libre avec résumé avec résumé en anglais
      Le texte décrit l'évolution des conceptions de la justice sociale au Chili depuis la transition démocratique. Jusqu'aux années 2000, elle était centrée sur la croissance économique et la lutte contre la pauvreté. À partir des années 2010, face à l'essoufflement du modèle économique, des mouvements sociaux ont imposé une nouvelle conception fondée sur la repolitisation des inégalités économiques et l'exigence de droits sociaux universels. La pandémie de Covid-19 a ensuite fragilisé ce nouveau consensus en ravivant la crise et l'insécurité. L'article examine la manière dont les gauches partisanes et extra partisanes ont répondu à ces exigences de justice sociale et les défis rencontrés, en se concentrant sur trois aspects : la formulation des droits sociaux, l'application des programmes politiques et la réception de ces politiques par la société chilienne. L'analyse repose sur des projets récents incluant près de deux-cents entretiens avec divers acteurs politiques et sociaux.
      The text describes the evolution of the concepts of social justice in Chile since the democratic transition. Until the 2000s, the focus was on economic growth and the fight against poverty. From the 2010s onwards, faced with the economic model running out of steam, social movements imposed a new concept based on the repoliticisation of economic inequalities and the demand for universal social rights. The Covid-19 pandemic then undermined this new consensus by rekindling crisis and insecurity. This article examines how the partisan and extra-partisan lefts responded to these demands for social justice and the challenges they faced, focusing on three aspects: the formulation of social rights, the implementation of political programmes and the reception of these policies by Chilean society. The analysis is based on recent projects involving almost two hundred interviews with various political and social actors.
  • Études

    • Survivre, tuer et mourir dans l'intimité du voisinage - Santiago Giraldo Arango accès libre avec résumé avec résumé en anglais
      Cet article présente une partie des conclusions d'une thèse de doctorat consacrée à l'histoire du Bogotazo, ou « 9 avril 1948 », un cycle de révoltes déclenché par l'assassinat de Jorge Eliécer Gaitán. À partir d'une documentation inédite, qui permet de reconstituer les circonstances de l'assassinat à coups de machette d'un curé de paroisse, l'analyse questionne les raisons pour lesquelles, dans deux villes moyennes du centre de la Colombie, les homicides publics restent rares mais particulièrement cruels. Cette approche micro-historique offre ainsi une lecture nouvelle d'un événement clé de l'histoire colombienne au xxe siècle.
      This article presents the main conclusions of a doctoral dissertation on the history of the “Bogotazo” or “April 9th 1948”, a cycle of revolts that began as a reaction to the assassination of Jorge Eliécer Gaitán. Thanks to new source material surrounding the execution of a Catholic priest by machete blows, the analysis explains why, in two medium-sized cities of central Colombia, public homicides are few in number yet exceptionally cruel. From a microhistorical perspective, this study thus provides a novel interpretation of a key event in 20th-century Colombian history.
  • Passages

  • Lectures