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Titre Ne plus se laisser prendre à leurs Jeux.
Auteur Anaïs Bohuon, Lucie Pallesi
Mir@bel Revue Cahiers d'histoire. Revue d'histoire critique
Numéro no 158, juillet-août-septembre 2023 (Dé)politiser les Jeux olympiques
Rubrique / Thématique
DOSSIER
Page 61-75
Résumé Aujourd'hui reconnues avec embarras par les institutions sportives, l'intersexuation et la transidentité remettraient fondamentalement en cause un principe de base de la compétition selon lequel la bicatégorisation sexuée garantirait l'équité, surtout pour la catégorie femmes. Tant d'un point de vue scientifique que socioculturel, la prise en compte de l'identité sexuée par les instances sportives s'avère très insuffisante. Les cas récents et médiatisés de femmes trans ou intersexes exclues des compétitions bousculent la logique jusqu'alors inflexible de la dualité sexuée et renouvellent la controverse. Parce qu'elles sont les premières victimes des mécanismes de maintien du système de la bicatégorisation sexuée sportive, certaines athlètes intersexes et trans créent un contre-discours à celui, hégémonique, de l'équité. Dans les années 1970-1980, l'exclusion de certaines athlètes les a d'abord conduites à se servir du raisonnement des institutions sur la supposée infériorité physique « naturelle » des femmes pour être réhabilitées. Dans les années 2010, une forme de militantisme plus affirmé a émergé avec la mobilisation d'outils juridiques de la part d'athlètes défiant les règlements des fédérations restreignant leur participation, en particulier les seuils maxima de taux de testostérone imposés en catégorie femmes.
Source : Éditeur (via OpenEdition Journals)
Résumé anglais Today recognized with embarrassment by sports institutions, intersex and trans-identity would fundamentally call into question a basic principle of competition according to which the gender bicameralization would guarantee equity, especially for the women category. From both a scientific and a sociocultural point of view, the management of gender identity by sports authorities is very insufficient. The recent and publicized cases of trans or intersex women excluded from competitions shake up the hitherto inflexible logic of sexual duality and renew the controversy. Because they are the first victims of the mechanisms for maintaining the system of gender bicategorization in sport, some intersex and trans athletes create a counter-discourse to the hegemonic one of equity. In the 1970s and 1980s, the exclusion of certain athletes led them to use the reasoning of institutions on the supposed «natural» physical inferiority of women to be rehabilitated. In the 2010s, a more assertive form of activism emerged with the mobilization of legal tools from athletes challenging the rules of federations restricting their participation, in particular the maximum testosterone levels imposed in the women's category.
Source : Éditeur (via OpenEdition Journals)
Article en ligne https://journals.openedition.org/chrhc/22551