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Titre Regards sur la politique étrangère de l'Italie
Auteur François Puaux
Mir@bel Revue Politique étrangère
Numéro vol. 46, no. 2, 1981
Rubrique / Thématique
Europe : les politiques étrangères en question
Page 307-322
Résumé Regards sur la politique étrangère de l'Italie, par François Puaux Les "trois cercles" de la politique étrangère de l'Italie sont l'Alliance atlantique, l'Europe et la Méditerranée. L'appartenance à l'OTAN correspond à un impératif de sécurité plus évident peut-être pour l'Italie qui considère qu'elle est avec l'Allemagne l'un des deux "pays frontières" de la Communauté. Rien ne déplairait plus à l'Italie que de se trouver seule aux avant-postes de l'Alliance en Méditerranée. L'Italie se considère comme un intermédiaire privilégié entre l'Europe et les rivages du Sud, et maintient une politique d'équilibre envers Athènes et Ankara, Alger et Rabat, évitant de s'engager sur les affaires africaines et orientales. Depuis 1973, le gouvernement italien témoigne une sympathie de plus en plus marquée à la cause arabe, même si cette évolution pouvait heurter l'allié américain. L'hostilité des Etats-Unis à l'entrée du PCI au gouvernement est utilisée par la Démocratie chrétienne, mais il serait faux de prétendre que l'Italie est "inféodée" aux Etats-Unis. La contribution que le gouvernement Cossiga apporte à la politique de défense américaine (et allemande) en acceptant le stationnement sur son territoire d'armes de théâtre est décisive. L'Italie se sent profondément européenne et attend sans doute de la construction européenne un dépassement de ses problèmes intérieurs. Elle demeure fidèle à une certaine image de l'Europe, celui des années 50 et n'a pas connu l'évolution "gaulliste" de l'Allemagne fédérale. Les motivations italiennes vis-à-vis de l'Europe sont plus politiques et sociales qu'économiques. L'élargissement de la Communauté est souhaité par l'Italie pour des raisons politiques. L'Italie a choisi d'entrer dans le SME, non pas parce que cela bénéficierait à la monnaie italienne, mais parce que cela constituerait un acte de foi en l'Europe. La rela tive timidité de l'Italie sur le plan international, le choix d'un "profil bas" s'expliquent par l'histoire récente (le fascisme) et par le principe de consensus qui gouverne la vie politique italienne. L'association de l'Italie pour les questions qui l'intéressent à une formule de sommets à géométrie variable, hypothèse retenue par le rapport des quatre instituts sur "La sécurité de l'Occident" pourrait être une formule valable pour associer des pays comme l'Italie, le Japon ou le Canada à la discussion des grands problèmes politiques mondiaux.
Source : Éditeur (via Persée)
Résumé anglais Outlook on Italian Foreign Policy, by François Puaux The Atlantic Alliance, Europe and the Mediterranean comprise the three circles of Italian foreign policy. Membership in NATO constitues a security imperative that is more evident in Italy which considers itself, along with the Federal Republic, to be one of the two borderline countries of the Community. Nothing would displease Italy more than finding itself alone on the front line of the Alliance in the Mediterranean. Italy sees itself as a privileged go-between, between Europe and the South, and maintains a policy of equilibrium between Athens and Ankara, Algiers and Rabat, refusing to engage in African and Eastern matters. Since 1973, the Italian government has shown an ever growing sympathy for the Arab cause, even if this evolution hurts the feelings of the American ally. United States hostility to PCI entrance into the government is being used by the Christian Democrats. But it is no reason to pretend that Italy is "infiefed" to the United States. The contribution that the Italian government brings to American (and German) defence policy in accepting the stationing of theater nuclear weapons on its territoy is decisive. Italy feels deeply European and probably expects from the European construction the overcoming of its inner problems. It remains faithful to a 1950's image of Europe, and has not known the "Gaullist" evolution of the Federal Republic. Italian interest in Europe is more political and social than economic. Italy advocates the enlargement of the Community mainly for political reasons. Italy has entered the EMS not because of its benefits for the Italian lira but because it represented an act of faith in Europe. The relative absence of Italy at the international level, its choice of a "low profile" can be explained in terms of Italy's recent history (fascism) and by the consensus principle that governs Italian political life. The hypothesis suggested by the report of the four institutes on "Western Security" - that Italy participate in some summit meetings depending on the topic discussed - can constitute a useful formula with which to bring into the discussion of world problems countries like Italy, Japan or Canada.
Source : Éditeur (via Persée)
Article en ligne http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/polit_0032-342x_1981_num_46_2_3165