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Titre Le vote blanc : abstention civique ou expression politique ?
Auteur Adélaïde Zulfikarpasic
Mir@bel Revue Revue Française de Science Politique
Numéro Vol. 51, no 1-2, 2001 Devenir militant/ Le référendum du 24 septembre 2000 : premiers éclairages
Rubrique / Thématique
Le référendum du 24 septembre 2000 : premiers éclairages
Page 247-268
Annexes Tableaux
Mots-clés (matière)abstentionnisme comportement électoral élection vote
Mots-clés (géographie)France
Résumé Depuis une dizaine d'années, on observe une augmentation significative des votes blancs lors des consultations électorales, comme en témoigne le référendum du 24 septembre 2000. Le vote blanc demeure néanmoins un comportement électoral peu étudié. Considéré comme un suf­frage non-exprimé, il a longtemps été assimilé à une erreur de l'électeur ou encore à une marque d'indifférence à l'égard de la politique, tout comme l'abstention. L'analyse politique du vote blanc montre qu'il constitue, au contraire, une expression, celle d'une insatisfaction face à une offre politique trop restreinte. L'analyse idéologique confirme le caractère expressif de ce vote. Les « votants blancs » portent un intérêt particulier à la politique, ont des exigences en la matière et manifestent, par leur vote, une déception à l'égard de la politique, qu'elle soit momentanée ou structurelle. En votant blanc, ils souhaitent faire passer un message et espèrent des changements. Ces électeurs ont d'ailleurs des caractéristiques sociologiques distinctes de celles des abstentionnistes : ils ne sont pas aussi jeunes, sont plus intégrés socialement, plus diplômés, plus politisés. Le vote blanc ne se substitue à l'abstention que dans un cas : en milieu rural, le poids des interconnaissances et du contrôle social poussent les électeurs à voter blanc plutôt qu'à s'abstenir. Le vote blanc recouvre donc deux types de comportements : le vote blanc traditionnel et rural, synonyme d'abstention cachée, et le vote blanc récent, plus urbain, expres­sion politique.
Source : Éditeur (via Persée)
Résumé anglais Blank votes : civic abstention or political expression ? In the last ten years, there has been a significant increase in blank votes in elections, as shown in the 24 September 2000 [French] referendum. Blank voting as electoral behavior has been insufficiently studied. Seen as « unexpressed », blank votes have long been considered voter errors or even signs of indifference to politics, similar to abstention. The political analysis of blank votes shows that, on the contrary, they are expressions of dissatisfaction with a limited political supply. Ideological analysis confirms their expressive nature. « Blank voters » are interested in politics and very demanding ; through their votes, they show either a specific or a structural disappointment vis-à-vis politics. By casting blank votes, they wish to send a message and they hope for change. These voters have sociological characteristics distinct from those of abstentionists : they are not as young, are better integrated in the social fabric, have higher degrees and are more politicized. Blank voting can substitute for abstention only in one case : in rural areas, the weight of reciprocal knowledge and of social control lead voters to vote « blank » rather than abstain. Blank voting thus corresponds to two types of behavior : the tra­ditional and rural blank vote, which reflects hidden abstention, and the recent blank vote, more urban, and representing a political expression.
Source : Éditeur (via Persée)
Article en ligne http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rfsp_0035-2950_2001_num_51_1_403618