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Titre L'oreille spéculative. Consommation et perception de la musique contemporaine
Auteur Pierre-Michel Menger
Mir@bel Revue Revue Française de Sociologie
Numéro 1986, 27-3 Sociologie de l'art et de la littérature
Page 445-479
Résumé La création musicale savante a été progressivement confortée dans son mouvement d'autonomisation par la formation d'un marché entièrement assisté de l'innovation. A partir d'une enquête auprès du public du principal établissement français d'offre de musique moderne et contemporaine, l'analyse montre comment cette évolution retentit sur le volume, la structure et les comportements de la demande. Si l'étroitesse de celle-ci est le produit de mécanismes particulièrement rigoureux de sélection, l'étude des trajectoires de consommation isole les facteurs de sur-sélection qui rendent raison des mouvements d'adhésion ou de désaffection. L'examen des apories de la communication esthétique et des décalages entre la compétence culturelle présumée et la compétence esthétique avérée force enfin à distinguer entre consommation et perception de la musique, et à rechercher dans quelles limites la première peut s'accommoder de la perplexité à laquelle l'évolution de la production voue la seconde.
Source : Éditeur (via Persée)
Résumé anglais Pierre-Michel Menger : The speculative ear : consuming and perceiving contemporary music. Learned musical creation has been progressively strengthened in its movement towards autonomy by the development of an entirely subsidized market of innovation. Based on a survey of the public of the main French contemporary music institution, the analysis shows how the repercussions of this evolution affect the volume, structure and behavior of demand. If the narrowness of the demand is the result of particularly rigorous selection mechanisms, the study of the consumer careers isolates factors of overselection which explain movements of adherence or of disaffection. Examination of the logical dead-ends of esthetic communication and the gaps between supposed cultural competence and estimated esthetic competence finally forces us to distinguish between consuming music and perceiving it, and to research to what extent the former can co-exist with the perplexity to which the evolution of production condemns the latter.
Source : Éditeur (via Persée)
Article en ligne http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rfsoc_0035-2969_1986_num_27_3_2325