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Titre Février 1934 et la découverte de l'allergie de la société française à la « Révolution fasciste »
Auteur Michel Dobry
Mir@bel Revue Revue Française de Sociologie
Numéro 1989, 30-3 Sociologie de la révolution. Etudes réunies et introduites par François Gresle et François Chazel.
Page 511-533
Mots-clés (matière)droite fascisme histoire idéologie parti politique situation politique société - questions sociales
Mots-clés (géographie)France
Résumé Le débat autour des travaux de Zeev Sternhell sur l'idéologie fasciste et ses origines a fourni l'occasion à un groupe d'historiens français d'actualiser et systématiser une interprétation historique étrange : celle d'une « allergie » de la société française des années 1930 au fascisme (ou thèse immunitaire). S'appuyant sur l'usage que fait cette thèse du résultat de la crise de février 1934, l'article met en évidence certaines des lourdes conséquences de la logique historiciste et des objectifs classificatoires qui commandent la « découverte » de cette « allergie ». Il examine notamment les erreurs et contresens historiques auxquels est conduite la thèse immunitaire en ce qui concerne le manque de « sérieux » et la « marginalité » prêtés à la droite radicale française de l'entre-deux-guerres : la méconnaissance, à la fois, des ressorts des stratégies de distinction vis-à-vis des fascismes « authentiques » auxquelles celle-ci était condamnée, de son autonom isation dans l'espace politique et des coûts politiques de l'activité extra-parlementaire ; et, enfin, une surprenante amnésie de la crise, dans les années 1930, de la « culture politique » démocratique qui, selon la thèse immunitaire, devait immuniser la société française vis-à-vis des tentations autoritaristes.
Source : Éditeur (via Persée)
Résumé anglais Michel Dobry : February 1934, and the discovery that the French society has an allergy towards the "fascist Revolution". Discussion based on Zeev Sternhell's writings, concerned with fascist ideology and its origins, have incited a group of French historians to update and systematize a rather obscure historical interpretation : the "allergic" behaviour of the French Society in the 1930s as regards fascism (or immune thesis). Based on the way results of the crisis in February 1934 are treated in this thesis, the article points out some of the most important consequences of the historicist logic and classificatory objectives which lead to the discovery of this "allergy". It examines historical errors and misinterpretations which result from the immune thesis when referring to the lack of "responsibility" and the "marginality" attributed to the radical French Right-Wingers between the two World Wars : an ignorance of strategic competence to distinguish "authentic" fascisms to which they were condemned, of their becoming autonomous in the political sphere, and of the political expenses of an extra-parliamentary activity; together with an incredible amnesia as regards the crisis in the 1930s, of the democratic political culture which, according to the immune thesis, was to immunize French Society against authoritarian inclinations.
Source : Éditeur (via Persée)
Article en ligne http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rfsoc_0035-2969_1989_num_30_3_2625