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Titre Genèse des indicateurs cycliques, et maturation aux États-Unis
Auteur Philippe Sigogne, Véronique Riches
Mir@bel Revue Revue de l'OFCE (Observations et diagnostics économiques)
Titre à cette date : Observations et diagnostics économiques
Numéro No 45, 1993
Rubrique / Thématique
II. Instruments et résultats de l'analyse cyclique
Page 199-244
Mots-clés (matière)cycle économique sciences économiques situation économique théorie économique
Mots-clés (géographie)Etats Unis
Résumé Les fluctuations économiques sont nées avec l'économie. Reconnues depuis des millénaires, elles ont été considérées comme des fatalités pendant toute l'ère préindustrielle, en raison de la prédominance de l'agriculture. Les prix, certains salaires, et les taux d'intérêt restèrent longtemps les seuls éléments chiffrés a vec quelque régularité. Les matériaux nécessaires à la mesure des fluctuations réelles n'apparurent qu'avec le développement des manufactures et de l'emploi salarié. Le cours des théories économiques a aussi reflété révolution des structures économiques. Bien souvent les économistes ont manqué de recul dans leurs tentatives d'explication, faute d'instruments statistiques établis sur la longue durée. Au milieu du XIXème siècle l'accent est mis sur les crises endogènes du capitalisme ; à la fin du siècle il porte sur les oscillations autour de l'équilibre. Ces réflexions, progressivement alimentées par le développement des statistiques monétaires et industrielles, donnent naissance au concept des cycles économiques. Les fluctuations sont alors classées selon leur durée et analysées en termes d'écart et de retour à une position d'équilibre de court et de long terme. La Grande dépression des années trente met un terme à une première génération d'indicateurs cycliques, coupables d'avoir mal anticipé la crise. Par réaction les nouvelles recherches refusent tout a priori théorique. Le NBER américain développe alors une analyse systématique des statistiques existantes sur la base d'une définition des cycles fondamentalement empirique. La notion de cycle des affaires est à présent inchangée depuis plus d'un demi-siècle. Elle a permis une datation historique peu contestable des cycles de référence puis une sélection d'indicateurs conformes au mouvement général des affaires dont la première liste remonte à 1937. Simultanément s'est développée une mesure du degré de diffusion du phénomène cyclique, sorte de précurseur des enquêtes de conjoncture. La publication des indicateurs cycliques commence avec les années soixante. Elle popularise les termes d'indicateurs avancés, coïncidents et retardés, puis en 1968 celui d'indice composite. Ce dernier connaît un succès médiatique qui nuit souvent à sa réputation, nombre d'utilisateurs voyant là un moyen commode de prévision sans réflexion. En réalité les indicateurs cycliques doivent être abordés en tant que système où cohabitent indices composites, indices de diffusion, et données exogènes au monde des affaires. Le système d'indicateurs a entériné par ses révisions successives les progrès des statistiques. Il constitue non seulement un tableau de bord conjoncturel complet mais aussi une synthèse des principaux enchaînements des actes économiques privés. Il semble par ailleurs bien résister aux mutations structurelles provoquées par la montée du tertiaire.
Résumé anglais Genesis of Cyclical Indicators, and their Maturation in the United States Philippe Sigogne, Véronique Riches Economic fluctuations were born with the Economy. Acknowledged since millenaries, they were considered as fatalities during all the preindustrial era, on account of a predominating agriculture. Prices, some wages, and interest rates were long the mere elements recorded with some steadiness. Materials required forgauging real fluctuations appeared only with the development of manufactures and wage earners. The flow of economic theories has also mirrored the evolution of economic structures. Quite often did the economists lack long term statistical data to build tentative explanations. Midway through the XIXth century endogenous crises of capitalism were pointed out ; at the end of the century the emphasis was on swings around the equilibrium. Fluctuations are then classified according to their duration and analysed as departures from and return to short and long term equilibrium. The Great Depression of the thirties put an end to a first generation of cyclical indicators, guilty of misanticipating the crisis. By opposition the new researches did exclude any theoretical a priori. The American NBER worked out a systematic analysis of existing statistics using a basically empirical definition of cycles. The idea of business cycles has stood unchanged for more than fifty years. It allowed for a hardly questionable dating of reference cycles, then a selection of indicators well conforming with business cycles. Their first list goes back to 1 937. Simultaneously a diffusion measure of the cyclical process, sort of forerunner of business surveys, was elaborated. Publishing of cyclical indicators begins with the sixties. It popularizes the words of advanced, coincident and lagging indicators, then in 1 968 this of composite index. This last one has achieved a mediatic success that prejudices its reputation, as many users take it as a convenient way of mechanical forecasting. Actually cyclical indicators must be handled as a system where composite indexes, diffusion indexes and data exogenous to the business sector cohabit. The system of indicators has ratified the improvement of statistics, through its successive updatings. It forms not only a complete set of business monitoring instuments but also sums up the main sequences of private economic doings. Besides it stands apparently well to structural change induced by a rising tertiary sector.
Article en ligne http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/ofce_0751-6614_1993_num_45_1_1328