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Titre Géopolitique : le nouvel ordre n'est pas encore, l'ancien n'est déjà plus
Auteur Jean-Michel GAUTHIER
Mir@bel Revue Géoéconomie
Numéro numéro 51, automne 2009 L'énergie à tout prix
Rubrique / Thématique
L'énergie à tout prix
Page 23
Résumé Le monde bascule : accélérées par la crise financière, les mutations longues de l'équilibre énergétique déplacent le centre de gravité du monde de la zone OCDE vers la zone hors OCDE. Les majors pétrolières, qui ont bâti le capitalisme mondial au cours des cent dernières années, aujourd'hui tenues à l'écart des grands périmètres miniers, ne détiennent plus les clés des ressources nécessaires à l'approvisionnement des marchés de demain. Au terme de décennies de sous-investissement, les compagnies nationales des pays producteurs, notamment du Moyen-Orient, ont à présent, dès lors, les réserves, les infrastructures et les projets en main. C'est aussi vers elles que seront canalisés les financements des grandes infrastructures nouvelles. Plus que jamais, la stabilité du Moyen-Orient, mais aussi celle de la Russie, est la condition de l'équilibre mondial. Dans le même temps, l'Asie et le Moyen-Orient s'imposent comme les nouveaux pôles de la croissance économique et de la demande énergétique mondiales. Le commerce de l'Ancien Monde, centré sur le bassin atlantique, cède la place à une nouvelle zone d'échanges : le Pacifique. Dans ces mutations, les deux premières puissances mondiales, toutes deux fortement dépendantes de leurs importations pétrolières, les États-Unis et la Chine, se retrouvent face à face dans leur quête de ressources minières abondantes, économiques et sûres. Par-delà la rivalité entre elles pour la gouvernance du Moyen-Orient, ce sont deux politiques énergétiques et deux conceptions de la sécurité des approvisionnements qui s'affrontent. Dans le même temps, l'Europe, menacée de déclassement mondial, fait de la lutte contre la contrainte carbone sa stratégie pour l'avenir, marquant en cela sa confiance dans les gisements de valeur que représentent les technologies de l'énergie propre pour combattre le changement climatique, réduire sa dépendance à l'égard des énergies fossiles et incidemment maintenir son rang dans le monde.
Source : Éditeur (via Cairn.info)
Résumé anglais The global balance of power is changing as the centre of gravity of the world's economy is moving from the OECD to the non-OECD area. The oil majors have built and dominated the world of capitalism for the past 100 years. Today, they are denied access to the vast mining perimeters in the resource-rich countries, in the Middle East in particular. On the contrary, national companies, after decades of underinvestment, are taking on the task of developing fields and infrastructures themselves, thereby increasingly dominating the oil and gas supply in the world. The Middle East will further absorb large resources from the global capital markets as most of the large infrastructures that are essential to the energy supply to the world will be developed in this region. In the years to come, both Asia and the Middle East will be the two regions where economic and energy demand growth will be the strongest. The Pacific rim will take over the old Atlantic basin as the heart of inter-regional energy trade. In this context, the top two largest economies in the world, at the same time the top two largest oil importers – the US and China – already find themselves in a competition towards securing access to and control over the cheapest and most abundant hydrocarbon reserves in the Middle East. The growing confrontation between the two empires is also reflective of two radically different concepts of energy security and oil diplomacy. As far as Europe is concerned, the strategy decision has been made by EU decision makers to focus on reducing the carbon footprint of the EU with a view to reducing the member states' dependence on imported fossil energy and reaping the future benefits of a carbon-free economy.
Source : Éditeur (via Cairn.info)