Contenu de l'article

Titre Citoyenneté nationale et transnationalisme. Une analyse comparative des revendications des migrants en Allemagne, en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas
Auteur Marie-Antoinette Hily, Jacqueline Costa-Lascoux, Ruud Koopmans, Paul Statham
Mir@bel Revue Revue Européenne des Migrations Internationales
Numéro Vol. 17, no 2, 2001 Débats contemporains
Rubrique / Thématique
Débats contemporains
Page 63-100
Résumé Le transnationalisme parmi les migrants est considéré dans la littérature récente comme un trait important de la mondialisation qui transcende, se produit en dehors au-delà de l'État-nation. Cet article défend au contraire la position selon laquelle il faut étudier tant d'un point de vue théorique qu'analytique comment l'État-nation interagit avec la mondialisation. D'une manière plus spécifique, l'article compare systématiquement la formation des communautés transnationales et des diasporas en Allemagne, en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas. La dimension publique du transnationalisme telle qu'elle s'exprime dans les revendications et la participation des migrants et des minorités dans l'espace public est au centre de cet article. L'analyse primaire est basée sur des données originales sur les actes publics de revendication dans trois pays. Cette approche permet d'examiner l'importance des revendications transnationales par rapport à celles qui se manifestent dans les espaces nationaux. La comparaison cross-nationale permet d'analyser la variation entre les différents types de revendications transnationales se produisant dans trois pays différents tant du point de vue de la citoyenneté que des régimes d'intégration. Les données indiquent des différences cross- nationales significatives entre les niveaux et les formes de revendications transnationales qui peuvent s'expliquer par le type de citoyenneté utilisée par les pays pour inclure politiquement les migrants dans la communauté nationale. Les revendications transnationales prévalent en Allemagne, où l'État offre peu d'opportunités aux migrants d'exercer une influence sur le politique et qui les exclut symboliquement de la communauté nationale. De plus, la comparaison entre la Grande-Bretagne et les Pays-Bas montre que la manière dont les États transforment les migrants en citoyens importe. L'approche ouvertement multiculturelle des Pays-Bas constitue un environnement plus favorable aux revendications transnationales que le modèle d'incorporation britannique fortement racialisé et culturellement plus assimilationniste.
Source : Éditeur (via Persée)
Résumé anglais In contrast to the recent tendencies within the literature to discuss transnationalism among migrants as important features of globalization that transcend, occur outside, beyond or 'post' the nation-State. This article takes the position that there is more theoretical and analytic mileage in studying how the Nation-state interacts with globalization. More specifically, the paper undertakes a systematic comparison of the formation of transnational communities and diasporas in Germany, Britain and the Netherlands, by focussing on the public dimension of transnationalism that is expressed in the claims-making and participation of minorities and migrants in the public sphere. The primary analysis is based on an original data-set on public acts of claims-making in the three countries. Our approach enables us to examine the extent of transnational claims-making relative to that in the national context, whereas cross-national comparison facilitates analysis of the variation between the different types of transnational claims-making that occur in three countries with different national citizenship and integration regimes. The data show that there are significant cross-national differences between the levels and forms of transnational claims-making by migrants, and that these are best explained by the type of citizenship which a country uses for politically including migrants in its national community. Transnational claims-making is most prevalent in countries such as Germany, where the State offers few opportunities for migrants to influence the political process and symbolically excludes them from the national community. In addition, the comparison of Britain and the Netherlands shows that it matters 'how' Nation-states make migrants into citizens, with the more outspokenly multicultural Dutch approach providing more favourable environment for transnational claims-making than the strongly racialised and culturally more assimilationist incorporation model of Britain.
Source : Éditeur (via Persée)
Article en ligne http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/remi_0765-0752_2001_num_17_2_1779