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Titre L'osmose des regards : Anthropologues et historiens au prisme du terrain
Auteur Mamadou Diawara
Mir@bel Revue Cahiers d'études africaines
Numéro no 198-199-200, 2010 50 ans
Rubrique / Thématique
Disciplines
Page 471-505
Résumé L'article vise à montrer que toute recherche universitaire sur le terrain place son sujet face aux réalités concrètes qui transcendent, sinon diffèrent des données livresques. Il interroge l'actualité d'une question qui suscite un certain inconfort chez les anthropologues et les historiens. Ces spécialistes, même du cru, proviennent d'horizons très divers. Dans la plupart des cas, ils vivent en Occident, ou bien ils deviennent étrangers dans leur propre pays, une fois devenus ou nés citadins, aux prises avec « l'ordre du discours » (Foucault) occidental, coupés de la vie du village ou de celle du quartier. L'ordre universitaire d'acquisition du savoir qu'intériorise le chercheur est confronté aux normes locales. Suivant une perspective diachronique, le texte s'efforce de montrer et d'analyser la problématique de la proximité du terrain en comparant le phénomène observé en Afrique à celui qui a cours en Asie du Sud et dans les Amériques. À cet effet, l'article décrypte deux perspectives dont les tenants s'enferment dans « l'historicisme » et parfois le « présentisme », deux syndromes apparemment contradictoires. Il scrute attentivement quelques thèmes récurrents du domaine, à savoir le dogme de la distance, le regard singulier de l'ethnologue, la réflexivité. Il apparaît que le regard de l'anthropologue et de l'historien autochtone sur son terrain se révèle un regard multicentré. Sont à l'œuvre plusieurs regards, plusieurs compétences. Le regard singulier et multicentré de chacun des deux observateurs étant par définition insuffisant pour rendre compte de cette complexité, plusieurs points de vue sont en concurrence. L'osmose des regards permet de cerner au mieux l'objet de l'analyse.
Source : Éditeur (via Cairn.info)
Résumé anglais The “Osmosis of the Gazes”. The aim of the article is to show that academic field research, once it situates its subject within the concrete realities of the field, will transcend, if not challenge, theoretical findings of scholarly books. The article tackles an ongoing debate that gives rise to a certain discomfort among anthropologists and historians. These specialists, even the local ones/those who have studied in their own country, have different scholarly backgrounds. In most cases, they have come to live in the West, or they became foreigners in their own country when they began to live in an urban environment or were born there battling with the western “orders of discourse” (Foucault), cut off from life in the village or neighbourhood. The academic order of knowledge which the researcher has internalized will then in the field be confronted with the local norms. Applying a diachronic perspective, the text analyzes the problem of proximity on the ground by comparing this confrontation observed by the author in Africa with similar experiences in South East Asia and the Americas. It attempts to decode two perspectives in which the supporters close themselves off into apparently two contradictory syndroms: “historicism” and “presentism”. It also examines closely other current themes in the field: the dogma of distance, reflexivity, and the specific perspective of the anthropologist. Both, the anthropologist and local historian appear to apply a multicentered perspective, and a range of viewspoints and competences. The specific gaze of each of these observers alone is by definition insufficient to describe this complexity, because several competing viewpoints are needed in the process. The article suggests that the “osmosis of the gazes” permits a better understanding of the subject in question.
Source : Éditeur (via Cairn.info)
Article en ligne http://www.cairn.info/article.php?ID_ARTICLE=CEA_198_0471