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Titre Décisions, actions et jeux : le cas des grands travaux parisiens
Auteur Philippe Urfalino
Mir@bel Revue Villes en parallèle
Numéro no 20-21, décembre 1994 Paris - New York
Rubrique / Thématique
La ville - décor
Page 263
Résumé Cette contribution s'attache principalement au lancement des grands travaux du premier septennat de François Mitterrand, de juillet 1981 à mars 1982. Elle a pour objectif de répondre à deux questions. La première résulte d'un étonnement : comment a-t-on pu lancer, en un peu plus de six mois, des opérations aussi complexes ? Quelles sont les conditions qui ont rendu possibles la rapidité et l'efficacité des décisions ? La deuxième question suspend une évidence : qu'est-ce que les grands travaux ? La réponse ne va pas de soi et l'interrogation sur l'identité des grands travaux conduit à préciser, dans l'introduction, les conditions d'une appréhension sociologique de ce type singulier d'action publique. Il apparaît que les deux questions ont une seule et même réponse. Ce qui donne naissance à l'ensemble "grands travaux", en forme l'identité et explique la rapidité de leur conception et mise en œuvre, c'est la façon dont un «paquet» disparate de décisions à prendre et d'idées à poursuivre ou à abandonner, a été «emporté» dans une même logique d'action, et a pu faire l'objet d'échanges entre l'État et la Ville de Paris. Une première partie montre comment les choix relatifs aux grands travaux ont été pris dans une dynamique singulière dont la compréhension nécessite la distinction entre logique de la décision et logique de l'action. Une seconde partie s'inspire librement de la théorie des jeux pour analyser la structure des échanges entre la capitale et la présidence de la République qui a facilité la conception et la réalisation de ces grands travaux.
Source : Éditeur (via Persée)
Résumé anglais This article examines the birth and genesis of the decisions to launch what is known in France as the grands projets by François Mitterrand during the first septennat, in the period between July 1981 to March 1982. Our ambition is to answer two questions. The first is a result of our surprise, that is, how was it possible, in such a remarkably short time to formulate and launch such a huge and costly operation ? Furthermore what are the conditions required from the outset, to insure that the many decisions linked to a project of this magnitude, be made in a rapid and efficient manner ? The second question leads to a reaxamination of the evidence at hand : or more specifically what is the meaning of the term, grands projets. The answer is not as evident as it would seem. It is our hope that by bringing a sociological approach to the questions we should be able to identify a process of public policy in France. Both questions have the same answer. That which identifies what came to be known as the grands projets, and which also explains the rapidity of its conception and execution is that essentially a «package» of a number of disparate decisions, 1) were swept along in the saine logic of action and 2) by and large became the object of exchange between the Socialist Élysée Palace and the Paris City Hall under Jacques Chirac. In the first part, we wish to demonstrate that the choices connected to the grands projets were made within a dynamic that must be understood from the distinction of a «logic of decision» and a «logic of action». The second part is partially influenced by game theory. Here we analyze the relationship between the mayor of Paris and his staff with François Mitterrand and his entourage. The success of the grands projets required cooperation from the State and the Capital of Paris. Their support was not inevitable because the leaders of the former and the latter were opponents in the national political arena. Cooperation, nonetheless was possible because the grands projets offerred a common interest to both and because of the action of a third player.
Source : Éditeur (via Persée)
Article en ligne https://www.persee.fr/doc/vilpa_0242-2794_1994_num_20_1_1184