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Titre Faire de nécessité vertu : inégalités sociales et modes d'appropriation innovants du téléphone mobile en Afrique
Auteur Gado Alzouma
Mir@bel Revue Revue française des sciences de l'information et de la communication
Numéro No 4, 2014 Recherches au féminin en Sciences de l'Information et de la Communication
Rubrique / Thématique
Ligne Sud
Résumé En contraste avec les décennies 1990 et 2000 au cours desquelles on promettait un leapfrogging développement et l'entrée rapide de l'Afrique dans la société de l'information grâce aux ordinateurs et à Internet, aujourd'hui les acteurs du développement, les journalistes et les chercheurs invoquent de moins en moins ces objets techniques pour lesquels l'intérêt semble s'être émoussé au profit du téléphone mobile. S'il en est ainsi, c'est sans doute parce que les chiffres de l'accès aux ordinateurs et à Internet sont restés, au fil des années, relativement bas tandis que ceux du téléphone mobile se sont très rapidement accrus. En conséquence une reformulation du discours développementaliste élaboré autour des TIC s'est fait jour et tend de plus en plus à abandonner toute référence aux ordinateurs pour se concentrer sur le téléphone mobile, ses usages et ses appropriations. Dans cette perspective, les chercheurs mettent surtout l'accent sur les innovations techniques et sociales dont les Africains se seraient montrés capables en intégrant le téléphone mobile à leur milieu social. Ces innovations sont présentées comme ayant un effet de nivellement des inégalités sociales et économiques tout comme elles seraient capables d'impulser un développement accéléré du continent. Dans les lignes qui suivent, nous nous proposons de montrer que les modes d'appropriation dits innovants manifestent en fait des disparités en termes d'accès mais aussi une inégale distribution des compétences techniques et culturelles (éducation).
Source : Éditeur (via OpenEdition Journals)
Résumé anglais In the 1990s and 2000s, we were promised a leapfrogging development and a rapid entry of Africa in the information society thanks to computers and the Internet. Today, however, development actors, journalists, and researchers less often invoke these technical objects, their interest seemingly blunted in favor of the mobile phone. This perhaps because computer and the Internet access statistics have remained relatively low over the years, while mobile phone access has increased at a phenomenal rate. Therefore, a reformulation of the developmentalist discourse elaborated around the ICTs has emerged and tends increasingly to abandon any reference to computers to focus on mobile phones, their uses and appropriation. In this perspective, researchers mainly emphasize the technical and social innovations Africans are said to be capable of in integrating the mobile phone into their societies. These innovations are presented as having a leveling effect on social and economic inequalities just as they are said to be able to drive accelerated development of the continent. In this article, I argue that so-called ‘'innovative modes of appropriation'' ultimately manifest disparities in access as well as unequal distribution of technical and cultural (educational) competencies.
Source : Éditeur (via OpenEdition Journals)
Article en ligne http://rfsic.revues.org/946