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Titre Locke : liaison probable et liaison nécessaire
Auteur Éric Marquer
Mir@bel Revue Astérion
Numéro no 12, 2014 Le principe de la folie et de la raison. Association des idées et liaison des idées aux XVIIe et XVIIIe siècles
Rubrique / Thématique
Dossier
Résumé Nous rappelons ici la place que Locke accorde à la liaison des idées dans la connaissance, et montrons comment l'auteur de l'Essai en vient à définir la raison, non pas comme raisonnement qui tiendrait ses règles toutes faites de la syllogistique, mais comme faculté au travail examinant les liaisons dans les idées singulières. C'est l'occasion de préciser les rapports entre liaison et association, qui ne s'opposent pas chez Locke comme un lien objectif à un lien purement subjectif entre les idées. En effet, l'association est un régime normal de l'esprit même si elle a parfois des conséquences pathologiques. Par ailleurs, Locke donne toute leur place dans la connaissance aux connexions probables qui ne sont pourtant pas nécessairement fondées sur des raisons objectives (ex. : certitude morale). Enfin, la liaison des idées provoque, tout autant que l'association, des habitudes de l'esprit et il faut donc comprendre ce qui caractérise ces bonnes habitudes de l'esprit. Dans ces conditions, ce n'est pas du côté de l'objet connu, mais du sujet raisonnable que Locke pense les différences subtiles entre liaison et association, comme deux régimes de l'esprit : l'individu qui connaît n'est pas celui qui évite toute association d'idées, mais celui qui n'y arrête pas l'activité de son esprit, qui développe des habitudes d'examen et de critique, ce que ne fait pas l'homme dont l'esprit est offusqué par des associations d'idées devenues préjugés qui entravent son activité rationnelle.
Source : Éditeur (via OpenEdition Journals)
Résumé anglais We would like to stress the importance of connection of ideas in Locke notion of “knowledge”, and to recall how the author of the Essay defines reason. Reason is not the faculty of syllogistical reasoning, but of examining connections between singular ideas. Connection and association are not in opposition for Locke as an objective link would be to a purely subjective link. Indeed, association is a normal activity for the mind even if it sometimes has pathological consequences. Moreover, probable connections are very important to knowledge and they are not necessarily based on objective reasons (e.g. moral certainty). Finally, the connection of ideas creates habits of mind, just like the association. Therefore we have to understand what characterizes the “good” habits of the mind. Under these conditions, Locke defines connection and association as two ways of thinking with a subtle difference between them: the individual who “knows” is not the one who avoids any association of ideas, but one whose activity of mind goes beyond it. For the reasonable man, association of ideas is not a prejudice that hinders rational activity.
Source : Éditeur (via OpenEdition Journals)
Article en ligne http://asterion.revues.org/2489