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Titre Peur, méfiance et défi face à la machine
Auteur Véronique Moulinié
Mir@bel Revue Terrain
Numéro no 43, septembre 2004 Peurs et menaces
Rubrique / Thématique
Peurs et menaces
Page 47-62
Résumé Comment peut-on travailler à proximité (voire sur) des machines dont on reconnaît l'extrême dangerosité sans éprouver de peur apparente ? En plongeant au cœur de l'entreprise, on découvre comment les ouvriers manipulent, au sens premier du terme, cette émotion. La « peur », affirmée ostensiblement, et même brandie, en réalité non éprouvée, est un instrument de résistance à l'autorité, un moyen de signifier une opposition. A l'inverse, la « peur » qu'on pourrait ressentir, en situation de travail, face à une machine dangereuse, est, elle, bannie et comme remplacée par un éventail d'émotions, depuis la méfiance jusqu'à l'imprudence, dont il convient idéalement de faire l'expérience afin de découvrir la juste position à maintenir à l'égard de la machine. C'est au fond le parcours qui transforme le « nouveau » en « ouvrier » qui se dessine ainsi. On comprend alors que ces sentiments et ces attitudes, prescrits ou proscrits, relèvent plus du discours tenu par le groupe des pairs et projeté sur l'impétrant que de l'attitude réelle de ce dernier.
Source : Éditeur (via OpenEdition Journals)
Résumé anglais Fear, mistrust and defiance of machinesHow to work near, even on, machines and apparently not show fear even though they are recognized as extremely dangerous? This journey inside southwestern France's firms lets us see how workers, in the basic sense of this word, manipulate fear. Ostensibly asserted or even brandished but not actually felt, this emotion is an instrument for resisting authority, a means for signaling opposition. On the contrary, the fear that might arise while working around a dangerous machine is banned, as if replaced with feelings that, ranging from mistrust to imprudence, should be experienced in order to discover the right position to maintain in relation to the machine. The process that turns “newcomers” into “workers” can thus be sketched. We understand why these feelings and attitudes, prescribed or proscribed, tend to be a discourse, a matter of what the peer group says and projects onto any newcomer, rather than to correspond to the latter's actual attitudes.
Source : Éditeur (via OpenEdition Journals)
Article en ligne http://terrain.revues.org/1827