Sign@l - Mobilités, turnover relationnel et coûts de synchronisation : Comprendre l'action collective par ses infrastructures relationnelles dynamiques et multi-niveaux

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Titre

Mobilités, turnover relationnel et coûts de synchronisation : Comprendre l'action collective par ses infrastructures relationnelles dynamiques et multi-niveaux

Auteur Emmanuel Lazega
Mir@bel Revue L'Année sociologique
Numéro Vol. 65, no 2, 2015 Les Figures de la coordination (1)
Rubrique/Thématique
Études réunies et présentées par Patrice Duran et Emmanuel Lazega
Page 391-424
Résumé Au cours des deux dernières décennies, la sociologie néo-structurale a développé une théorie de l'action collective basée sur l'observation et la modélisation des infrastructures relationnelles et des processus sociaux génériques (solidarités et exclusions, apprentissages et socialisations, régulation et institutionnalisation, contrôle social et résolution de conflits) qui aident les membres des collectifs organisés à gérer les dilemmes de leur action commune. Cette approche a laissé ouverte la question des déterminants macrosociaux de ces formes de coordination et de discipline sociale que les membres considèrent comme légitimes. Dans cet article nous abordons la question de ces déterminants en théorisant les mécanismes de co-constitution des niveaux macro et méso. Nous proposons ici de partir des phénomènes de mobilité et de turnover relationnel comme analyseurs de l'articulation ou de la co-évolution entre stratification et organisation, entre positions et processus, pour aboutir à une approche sociologique des coûts sociaux associés à chaque forme d'action collective. Nous appelons ces coûts sociaux, pour rester cohérents avec ce point de départ marqué par la temporalité, des « coûts de synchronisation » entre dynamiques propres aux niveaux d'action collective superposés qui se co-constituent en co-évoluant. Cette approche est associée de près aux récents travaux sur l'analyse dynamique des réseaux multi-niveaux, i.e. des systèmes articulant des niveaux d'action collective distincts et superposés, qui permettent d'envisager des mesures de ces coûts de synchronisation et les inégalités de leur distribution, notamment en identifiant et en reconnaissant l'importance des formes sociales de niveaux intermédiaires, entre réseaux interpersonnels et réseaux inter-organisationnels, qui sont transformées en organisations formelles par les acteurs sociaux en quête de pouvoir et d'« outils ayant une vie propre » (Selznick). Cette exploration aboutit à des suggestions concernant l'émergence de nouvelles formes de coordination dans divers domaines d'action collective (entreprises, associations, administrations publiques, marchés, industries).
Source : Éditeur (via Cairn.info)
Résumé anglais
During the last two decades, neo-structural sociology has developed a theory of collective action based on observation and modeling of generic social processes (solidarities and exclusions, collective learning and socialization, regulation and institutionalization, social control and conflict resolution) and relational infrastructures that help members in managing the dilemmas of their collective action. This approach has neglected the macrosocial determinants of such forms of coordination and social discipline that members consider legitimate. In this paper, we frame this issue by theorizing the co-constitution of meso and macro levels. To do this, we start with mobility and relational turnover as analyzers of the articulation of stratification and organization and suggest that a sociological approach should build on the observation of these phenomena to measure social costs of synchronization between the dynamics and coevolution of both superposed levels of agency. This approach is closely related to recent work on dynamics of multilevel networks that suggest the possibility of measuring these social costs of synchronization, and inequalities that come attached. This can be done by identifying and recognizing the importance of social forms at intermediary levels of action, between interpersonal and inter-organizational networks, that are transformed into formal organizations by actors seeking power and « tools with a life of their own » (Selznick). We end by suggesting how such an approach could help understand the emergence of new forms of coordination in various domains of organized collective action (companies, non profit organizations, public administration, markets).
Source : Éditeur (via Cairn.info)
Article en ligne http://www.cairn.info/article.php?ID_ARTICLE=ANSO_152_0391