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Titre La théologie symbolique face à la théologie comme science
Auteur Olivier Boulnois
Mir@bel Revue Revue des Sciences Philosophiques et Théologiques — RSPT
Numéro Tome 95, no 2, 2011 Lire le monde au Moyen Âge : signe, symbole et corporéité
Rubrique / Thématique
Articles
Page 217-250
Résumé La théologie symbolique recouvre l'ensemble des images métaphoriques par lesquelles on peut désigner Dieu, d'abord dans l'Écriture sainte, puis dans un discours théologique. Dans le néoplatonisme, ces symboles sont avant tout des empreintes du divin qui permettent, par contact, de s'unir au divin dans un acte de théurgie. Denys insiste sur leur caractère de dissemblance, qui nous renvoie vers le divin par contact, et non par une relation représentative. Au Moyen Âge, Jean Scot Érigène intègre l'ordre symbolique au discours, sous le nom de théologie négative, mais il insiste déjà sur la nécessité de déchiffrer rationnellement les symboles en vue d'une intelligence du divin. Le traducteur de Denys, Jean Sarrazin, plaçait la théologie symbolique à la charnière entre théologie affirmative (des noms divins) et théologie mystique. Dès la Summa fratris Alexandri, la théologie symbolique n'est plus que le premier degré, inférieur à la théologie des noms divins et à l'union mystique. Albert le Grand et Thomas d'Aquin maintiennent le caractère médiateur de la théologie symbolique entre l'affirmation et la mystique, tandis que Bonaventure suit Alexandre de Halès, mais tous maintiennent un « arraisonnement » de la théologie symbolique : la métaphore et le symbole impropres doivent pouvoir se ramener au concept propre. La théologie comme science l'a emporté.
Source : Éditeur (via Cairn.info)
Résumé anglais Symbolic theology confronted with theology as science
Symbolic theology covers the entire range of metaphorical images referring to God, first in the Holy Scripture and then in theological discourse. Within Neo-Platonism, these symbols are first and foremost imprints of the divine, that allow us, through their contact, to come into union with the divine in a theurgical act. Denys insists on their dis-semblance, which directs us to the divine through contact and not through a figurative relationship. In the middle ages, John Scottus Eriugena incorporated the symbolic order into discourse under the name negative theology but already he emphasized the necessity to rationally decypher symbols in light of divine intelligence. Denys' translator, Jean Sarrazin, placed theology at the cross-section between affirmative theology (of divine names) and mystical theology. With the Summa fratris Alexandri, symbolic theology becomes no more than the first degree, inferior to theology of divine names and to mystical union. Albert the Great and Thomas Aquinas maintain the mediating character of symbolic theology between affirmation and mystique, whereas Bonaventure follows Alexander of Hales, but all assign limits to theology : the improper metaphor and symbol must resolve their proper concept. Theology as science has triumphed.
Source : Éditeur (via Cairn.info)
Article en ligne http://www.cairn.info/article.php?ID_ARTICLE=RSPT_952_0217