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Titre Signum et vestigium dans la pensée de saint Augustin
Auteur Vincent Giraud
Mir@bel Revue Revue des Sciences Philosophiques et Théologiques — RSPT
Numéro Tome 95, no 2, 2011 Lire le monde au Moyen Âge : signe, symbole et corporéité
Rubrique / Thématique
Articles
Page 251-274
Résumé Cet article se propose de préciser les modalités du rapport qui lie, chez Augustin, la trace à ce qu'elle révèle, ainsi que les conséquences qu'une telle conceptualité originale implique pour une pensée de l'ego. La trace (vestigium), si elle est bien une des espèces du genre « signe » (signum) dans la mesure où sa matérialité fait naître autre chose en l'esprit de celui qui la considère, a néanmoins sa spécificité : en elle insiste et transparaît ce qu'elle exprime. Le signe veut être déchiffré ; la trace, elle, exige d'être identifiée et surtout suivie. La teneur ontologique du sensible se présente, dans la pensée de l'évêque d'Hippone, comme dépendant directement de sa portée herméneutique et de sa vocation eschatologique. Le concept augustinien de vestigium, apparaît, au terme du parcours, comme transversal au sensible et à l'âme elle-même, et ainsi comme condition de leur union. Avec le vestigium, Augustin prononce ainsi, bien des siècles avant la phénoménologie, l'impossibilité principielle d'un moi sans monde.
Source : Éditeur (via Cairn.info)
Résumé anglais Signum and vestigium in Saint Augustine's thought
This article attempts to specify the connective modalities which are the link in Augustine's thought between the trace and what it reveals, as well as what the consequences of such an original conceptuality might mean for a philosophy of the ego. If it is, indeed, one of the species that belongs to the genre of the “sign” (signum) to the extent that its materiality gives birth to something else in the mind of he who contemplates it, the trace (vestigium), nonetheless, has its own specific nature – that which it expresses is given emphasis and shows itself within it. A sign wants to be decoded ; the trace, itself, demands to be identified and, above all, to be followed. The ontological content of the sensible shows itself, in the thought of the Bishop of Hippo, to be directly dependent on his hermeneutic scope and his eschatological vocation. The Augustinian concept of the vestigium, ultimately appears as the transverse of the sensible and of the soul itself and thus as the condition of their union. In his vestigium Augustine thus announces, centuries before phenomenology, the primary impossibility of an ego without world.
Source : Éditeur (via Cairn.info)
Article en ligne http://www.cairn.info/article.php?ID_ARTICLE=RSPT_952_0251