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Titre Lieux intérieurs et culture publique au Maroc
Auteur Jean-Noël Ferrie
Mir@bel Revue Politix
Numéro vol 8, no 31, 1995 Parler en public (2). Dispositifs contemporains
Rubrique / Thématique
Parler en public (2). Dispositifs contemporains - coordonné par Dominique Cardon, Jean-Philippe Heurtin, Cyril Lemieux
Page 187-202
Résumé Lieux intérieurs et culture publique au Maroc. Jean-Noël Ferrie [187-202] Cet article porte sur la notion d'espace public au Maroc. Il critique la distinction classique entre «privé» et «public», et l'idée selon laquelle de nombreux comportements «privés» dépendraient d'une morale également «privée». Au contraire, il montre que les arguments utilisés pour justifier une position privée sont identiques à ceux utilisés pour justifier une position publique. Au Maroc, la différence entre le «privé» et le «public» ne réside pas dans le contenu de l'argumentation mais dans la reconnaissance sociale qui lui est accordée. Est «privé» ce qui est connu mais ne peut être «reconnu». Est «public» ce qui est reconnu. Le pouvoir politique marocain ne peut contrôler les multiples modes de vie de la population ; il peut, cependant, éviter de les reconnaître. C'est ainsi que la liberté de la vie intime n'est pas reconnue. Elle existe comme pratique mais la reconnaître implique de mettre en cause des situations de pouvoir liées à l'État et à l'organisation patriarcale régissant encore une partie des relations entre les gens.
Source : Éditeur (via Persée)
Résumé anglais Interlor Places and Public Culture in Morocco. Jean-Noël Ferrie [187-202] This article focuses on the public space notion in Morocco. It criticizes the classic distinction between «private» and «public», and the idea according to whether many behaviors «private» would depend on a moral equally «private». On the contrary, it shows that arguments used to justify a private position are identical to these use to justify a public position. In Morocco, the difference between the «private» and the «public» does not reside in the content of the argument but in the social recognition that is granted it. Is «private» what is known but can not be «recognized». Is «public» what is recognized. The Moroccan power can not control the multiples ways of life of the population ; it can, however, avoid to recognize them. Thus it is that the liberty of the intimate life is not recognized. It exists as practical but to recognize it implies to put in cause many situations of power linked to the State and to the patriarchal organization leader again a part of relationships between peoples.
Source : Éditeur (via Persée)
Article en ligne http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/polix_0295-2319_1995_num_8_31_1924